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Sur La Route #17
Mardi 28 Novembre 2017

avec Nicolas Quilliet Frederique Grigolato

CEO de Click and Walk

Bonjour tout le monde !

On est mardi. Il est neuf heures.

On est en direct de ma voiture et en live sur Facebook.

On tourne le numéro 17 de « Sur La Route ».

Je m’appelle Nicolas QUILLIET.

Et mon invité ce matin, c’est Frédérique GRIGOLATO.

Frédérique, c’est la CEO de « Clic and Walk ».

« Clic and Walk », elle va nous expliquer ce que c’est. Puis, elle va surtout nous expliquer :

comment elle a trouvé l’idée de sa startup ?

Et surtout, comment en trouvant cette idée, elle a été élue,

il y a quelques années, il y a deux ou trois ans,

dans le top 10 des startups les plus innovantes du monde ?

Ce n’est pas de France, c’est du monde.

Ce qui lui a permis, elle va en parler, de pouvoir faire plusieurs levées de fonds.

Donc, elle a une vraie expérience sur cette problématique de levée de fonds

et un vrai avis un peu différent de tout le monde.

Pareil, on va en discuter. Enfin, un sujet qui lui tient à cœur,

c’est le droit à l’erreur pour l’entrepreneur, ainsi que le droit à l’expérimentation.

Elle va nous en parler aussi, puisqu’elle est en plein dedans et elle a une vraie expertise dessus.

On va échanger de tous ces sujets avec elle tout de suite.

Voilà, on accueille tout de suite Frédérique GRIGOLATO.

(Générique)

On est en live.

Bonjour, Frédérique !

Bonjour, Nicolas !

Comment vas-tu ?

Ça va bien. Et toi ?

On est parti « Sur La Route ».

Allez, on est parti « Sur La Route ».

Tu as mis ta ceinture ?

J’ai tout mis.

- C’est tout bon. C’est parti alors ! - C’est parfait.

Comment vas-tu ?

Écoute, super bien.

- Belle journée ! Ravi d’être là. - Il fait beau.

Merci de m’avoir invité.

Merci à toi d’avoir accepté mon invitation.

Présente-toi pour celles et ceux qui ne te connaissent pas.

Je m’appelle Frédérique GRIGOLATO.

Je suis la fondatrice dirigeante de « Clic and Walk ».

Donc, une startup lilloise basée à la "Playing image"

dont le métier est de collecter de la donnée terrain grâce à une communauté de personnes.

Alors, dit autrement

(coupure)

communauté aujourd’hui d’à peu près 450.000 personnes en Europe.

450.000 ?

- 450.000. - Qui ont une appli ?

- C’est cela, qui ont téléchargé l’application ? - Voilà, qui ont téléchargé

gratuitement notre application « Clic and Walk »

et qui réalisent des missions. Alors, les missions,

cela peut être quand vous vous rendez en magasin,

prenez en photo et répondez à quelques questions

sur la présence d’un produit et sur votre perception d’un linéaire.

Ou bien à la maison également, que pensez-vous de ce produit ?

Comment l’utilisez-vous ?

Et qui en contrepartie en fait de ces missions, ils peuvent gagner quelques euros.

Où qu’ils soient, ils gagnent de l’argent en fait en faisant quelques missions.

Voilà, on valorise sa vision de consommateur et ses données de consommateur.

Bien, à travers ces missions, on les valorise et on peut gagner quelques euros.

C’est vrai que c’est une vraie thématique. C’est la monétisation de ses données personnelles.

Exactement !

Au moins, c’est clair. C’est...

Voilà, faites des missions et vous gagnez un petit peu d’argent

pour pouvoir partager un peu de ses données.

C’est exactement cela, Nicolas.

Pour moi, c’est clair, parce qu’il y a beaucoup

d’applis qu’on voit, sur lesquelles on accepte de partager nos données.

On ne sait pas trop ce qu’ils en font.

Là, au moins, on sait à quoi cela sert.

Tout à fait !

- Super. - Voilà !

Quel est ton parcours ? Tu as fait quoi comme école ?

Puis, tu as fait quoi avant de créer « Clic and Walk » ?

J’ai fait une école de commerce qui s’appelle maintenant SKEMA.

- À l’époque, cela s’appelait le C.E.C Nice. - C.E.C

- Nice ? Tu as fait Nice toi ? - $Nice, Nice...

Je pense que je suis parti au bord de la mer. Je suis lilloise d’origine,

mais je suis parti pendant trois ans à Nice.

Le soleil.

Au soleil. Ensuite, je suis rentré chez Auchan

D’accord !

où j’ai d’abord exercé le métier de chef de caisse, ensuite de chef de rayon.

Donc, en magasin, j’ai eu la chance de faire l’ouverture du magasin de Faches-Thumesnil.

D’accord !

- 1994. Voilà, c’est dit. Cela s’est fait. - Cela s’est fait.

On peut faire le calcul. Puis, je suis passé chef de secteur équipement de la maison.

Enfin, je suis arrivé en centrale d’achat international

chez Auchan Production. En fait, j’étais chef de produit.

Donc, je créais des produits. Je développais des produits à marque Auchan.

Tu as fait combien de temps chez Auchan ?

À peu près 12 ans.

Oui, quand même.

12 ans. Oui, quand même comme tu le dis. Cela passe vite.

Ensuite j’ai changé de...

(coupure)

Restaurama.

Toujours dans la grande distribution ?

Toujours dans la grande distribution

où là, mon dernier poste était chef de groupe Bois-Bâtit.

Donc, tu sais la cour matériaux.

Bois-Bâtit ?

Oui, les trucs très féminins.

- C’est que ? - Voilà, c’est le parpaing et le ciment.

Tu vois l’extérieur du magasin.

- Qui te permet de faire ta cabane et tout le mur ? - Qui te permet de faire toute la structure de la cabane.

Donc, j’étais la patronne du Bois-Bâtit.

Donc, j’avais une équipe d’acheteur.

D’accord !

On menait les négociations avec les fournisseurs de matériaux lourds.

Donc, une vraie expertise dans ce qu’on appelle

le Retail, donc la grande distribution.

Oui !

Une expertise aussi dans l’achat et de la négo ?

Oui !

Comment tu es venu ?

Et surtout pourquoi tu as eu envie de te lancer dans l’entreprenariat ?

Tu en as eu marre ?

Non. Alors, l’innovation, cela a toujours été quelque chose d’assez fondamental pour moi.

Oui !

Dit autrement, j’ai eu la chance. je pense, comme première expérience professionnelle

de faire l’ouverture d’un magasin. Tu sais quand tu arrives

Il n’y a rien.

sur un terrain. Il n’y a rien et qu’on te dit en fait : « Cela va être un magasin ».

En fait, tu participes à toutes les étapes.

Oui !

Donc, cette création en fait, cette première expérience est assez fondatrice.

Donc, tous les métiers que j’ai pratiqués ont été basés sur du développement.

En fait, c’était une sorte d’intraprenariat.

D’accord !

Dès la première expérience, j’ai...

d’ailleurs, dans le métier de chef de produit chez Auchan Production,

on créait des produits à marque Auchan.

C’est-à-dire que je travaillais avec des ingénieurs de développement,

des ingénieurs de packaging,

Pour créer les produits ?

des designers. Voilà, pour créer des produits à marque Auchan.

Comment cela se passe généralement ?

Alors peut-être pas sur l’alimentaire, mais sur les autres ?

On achète en Chine. On fait revenir. Puis, on vend ?

Il y a deux méthodes.

Sur les premiers prix, en tout cas, c’est ce qu’on faisait.

Puis sur les produits à marque Auchan, on partait en fait de l’innovation par les usages.

C’est-à-dire qu’en fait, on observait les consommateurs.

D’accord !

On essayait d’imaginer, surtout on regardait ce qui clochait

en fait dans l’utilisation et l’usage des produits.

À partir de cela, on créait un cahier des charges

en disant : ce produit-là pourrait être le produit parfait par rapport à leur besoin.

Leur besoin d’en exprimer, puisque...

Besoin des consommateurs ?

Besoin du consommateur.

Donc, c’est ce contact permanent qui t’a donné envie d’aller plus loin ?

Alors, c’est ce contact permanent, en tout cas, qui m’a conforté dans l’idée que j’étais...

j’avais envie de créer mon entreprise un jour.

Oui !

Voilà, c’est quelque chose qui existe depuis très longtemps.

Ensuite, l’idée de « Clic and Walk » pour répondre à ta question,

Oui.

elle m’est venue en fait aussi d’une observation.

Donc, innovation par les usages, c’est quand je me suis retrouvé en centrale d’achat.

Oui !

Je n’étais plus du tout en contact avec les clients

- et avec les consommateurs. - Tu étais derrière un bureau ?

J’étais derrière un bureau.

Et tout mon business, je le pilotais à travers

des Capillas et des Analytics : des merveilleux tableaux de bord.

Des Excels dans tous les sens ?

Des Excels dans tous les sens. Je n’avais plus du tout de contact avec le terrain.

D’accord. !

Je me suis dit : ce serait génial d’avoir une solution qui nous permet en fait en temps réel,

lorsque je me pose une question sur : pourquoi un produit ne se vend pas ? Pourquoi...

Pourquoi tout est mal placé ?

Pourquoi ? Voilà à priori, le truc est mal placé.

Si je pouvais avoir en temps réel des informations émanant des consommateurs.

D’accord !

Donc, tu es parti en fait d’une problématique que tu avais, quoi ?

Exactement !

OK. Tu t’es dit : « je vais créer moi-même la solution à mon problème » ?

- J’ai d’abord regardé si cela existait sur le marché, un petit peu. - Oui.

Voilà, je me suis dit : « on ne va pas réinventer l’eau chaude ».

Et comme j’ai vu que cela n’existait pas,

- D’accord ! - je me suis dit : « bon, allez ! Allez. Let’s go ».

Le nom « Click and Walk », il vient d’où ?

Alors, il vient d’où...

Il vient de mon imagination.

Voilà, je me suis dit : « Click », c’est l’appareil photo,

puisque dans l’application « Click and Walk » on te demande...

Tu prends des photos pendant les missions ?

Voilà, on te demande de prendre des photos. La photo étant

une manière très objective en fait, de répondre aussi à des questions.

Oui !

Et « Walk », parce que tu marches.

Tu te balades ?

Tu peux faire des missions partout, que ce soit à la maison

en magasin, dans la rue ou dans les transports en commun.

C’est génial !

Grâce à cette idée, ta plus grande surprise, je crois, tu as été élue en 2013 ou 2014.

Tu as été dans le top 10 des startups les plus innovantes du monde.

Oui !

Souvent, on est dans les classements top 10 des entreprises de France, quoi.

Là, c’est les plus innovantes du monde.

Oui ! Clairement, c’était une grande surprise, parce que j’ai eu...

j’ai reçu un appel en 2013.

- Oui. Raconte un peu : comment cela s’est passé ? - Oui !

C’était extraordinaire ! J’ai reçu un appel en 2013.

Donc, j’étais au bureau

et je me suis... Je me revois encore entendre un monsieur qui me dit :

« vous faites partie du top 100 des startups les plus innovantes au monde.

C’est un classement de l’UNESCO ».

- Déjà top 100. - Je pensais que c’est... où je me suis dit que c’était une blague.

- « Tiens, encore quelqu’un qui veut me vendre un truc ». - Qui veut me vendre un truc ?

Donc, je l’ai remercié en disant : « c’est super, c’est génial ! »

- Bon, j’ai quand même été voir. - Un bisou ?

Voilà, bisou et au revoir.

Quelques mois après, j’ai reçu un autre appel.

Cette fois-ci accompagné d’un courrier, en me disant :

« vous ne faites plus partie du top 100, mais du top 10 ».

- Donc, on vous invite à venir recevoir le prix à l’UNESCO à Paris - C’est énorme ?

- À l’UNESCO à Paris, dans les... ? - Oui, dans les locaux de l’UNESCO à Paris.

- Oui, cela ne rigole plus. - C’était en 2014.

Là, je me suis dit : « oui, en effet, c’est vrai ».

C’était assez surprenant et assez extraordinaire.

C’était une expérience incroyable.

Je suppose que ce n’est pas la seule raison. Mais j’en ai parlé à l’introduction :

grâce à cet aspect vraiment innovant de ta startup,

à ces prix puis cette médiatisation derrière, tu as pu lever...

Tu as pu faire beaucoup de levées de fond. Quoi, beaucoup ?

- J’en ai fait deux. - Deux, voilà !

Ce n’est pas mal. Déjà, en faire une, c’est énorme.

Toi, tu en as fait deux.

Oui !

Et en préparant un peu l’émission, on discutait.

Tu as une vision un peu différente de tout le monde sur les levées de fond.

C’est-à-dire qu’en gros, tu es moins forcé.

Tu n’es pas forcément enthousiaste

à 100 % sur les levées de fond ?

Raconte un petit peu.

Alors, je pense en fait que les levées de fond, c’est extrêmement bénéfique.

Oui !

Si tu y es préparé.

On peut dire les montants ?

Oui, j’ai levé à peu près cinq millions au total.

Au total, cinq millions ?

Oui ! Je pense que c’est extrêmement bénéfique quand il est préparé.

C’est-à-dire : si ton entreprise est suffisamment... je ne peux pas dire mature...

(coupure)

peu d’argent au démarrage, mais il y a plein de solutions aujourd’hui, en France,

pour avoir un peu d’argent au démarrage, que ce soit à travers des subventions.

Par exemple, si tu fais de l’innovation à travers les pays qui accompagnent beaucoup.

Tu as également tes proches. Tu peux aussi faire un peu de « Love-Money ».

Ce qu’on appelle « Love-Money » sans parler de levée de fonds au sens propre du terme.

« Love-Money », c’est donc... ?

C’est « famille » en fait.

C’est l’argent de ce qui t’aime en fait.

C’est de l’amour. On te donne...

(coupure)

Je pense qu’aujourd’hui, en fait, il y a beaucoup d’entrepreneurs.

En tout cas, j’en rencontre quelques-uns

qui me parlent plus de levée de fonds que de business.

Oui ! C’est-à-dire que...

(coupure)

Sauf que quand je dis... quand tu dis que c’est...

je suis assez tempérée sur la levée de fonds.

C’est que la levée de fonds,

cela prend énormément de temps. C’est-à-dire que la démarche

qu’on engage lorsqu’on fait une levée de fonds,

et c’est pour cela que je parle de maturité de l’entreprise,

c’est que pendant six mois ou un an,

on ne fait pas de business. Voilà, le patron...

- La personne qui s’occupe de cela enrôle le patron - Oui !

Et toi, en l’occurrence.

Le patron et souvent ses associés sont souvent mobilisés

pour aller rencontrer des investisseurs, monter des dossiers,

refaire, refaire et refaire...

Les présentations...

(coupure)

Donc, pendant ce temps-là, on ne fait pas de business.

Ben, oui !

Quand je dis que je suis assez tempérée, c’est-à-dire que cela se calcule.

C’est-à-dire qu’il faut être conscient que pendant ce temps-là,

on n’est pas sur le terrain. On ne fait pas de business.

Et on peut aussi, si on calcule mal le moment, en fait

perdre le « Time To Market ». C’est-à-dire on peut laisser la concurrence s’installer,

parce qu’on n’occupe plus le terrain.

Oui. Parce que tu n’es plus aussi innovant que tu l’étais au début.

- Puis, tu passes tout ton temps à essayer de faire sa levée de fonds ? - À faire des levées de fonds. Voilà !

- Donc, c’est vrai que c’est un... - C’est une question de timing en fait.

- Je pense que c’est un timing. - Oui, c’est vrai que c’est un vrai...

C’est une donnée qu’on a tendance à oublier, c’est le temps que cela prend.

C’est le temps que cela prend. Voilà !

Le temps que prend et cela ne se fait pas comme cela, quoi.

Ce n’est pas juste : « j’ai ... de dossiers.

Puis, je les fonce dans la banque dans six mois ».

- C’est du gros tous les jours. - Ce serait génial !

Compte même à la banque, cela prend du temps.

Mais quoique cela prend du temps.

Mais si, ce n’est pas toujours que tu déposes un dossier

et il ne se passe plus rien derrière.

Est-ce que tu dis aussi, c’est l’importance, en gros, d’avoir une boîte

qui fait du business, quoi ? Qui fait du chiffre d’affaires ?

Oui ! Alors, pour le coût, je ne connais pas beaucoup de sociétés.

Je ne dis pas que cela existe ou cela n’existe pas,

mais je n’en connais pas beaucoup

qui lèvent des fonds sans avoir un minimum de business.

Donc, c’est important en tout cas, quelle que soit la maturité

et l’âge de ta société. En fait, d’avoir un...

(coupure)

modèle. Il est « scalable ».

Donc, on peut le dupliquer ?

On peut le dupliquer. Exactement !

Puis tout simplement aussi parce qu’il y a des salaires

à payer et que les salaires, c’est quand même avec

des chiffres d’affaires qu’on les paie à la base.

Alors, dès fois, il n’y pas de salaire parce que le patron ne se paie pas.

Oui !Quand c’est le patron effectivement.

C’est le patron et ses associés. Souvent en démarrage, on ne se paie pas beaucoup.

Donc, c’est vrai que c’est...en effet, quand on...

(coupure)

Il y a un vrai enjeu de business pour pouvoir payer les charges en prime.

(coupure)

Ce n’est pas la levée de fonds qui permet de payer les charges.

- La levée de fonds, cela permet d’innover et de se développer. - Non !

Cela permet d’accélérer.

Oui, d’innover, développer et de prendre de la part de marché.

Tu referais tes levées de fonds si c’était à refaire avec le recul aujourd’hui ?

Oui ! Oui, complètement !

Qu’est-ce que cela t’a permis... cela t’a permis d’accélérer quand même cette... ?

Oui, tout à fait ! Cela nous a permis d’accélérer, d’aller à l’international

et voilà, de faire...

Aller à l’international ?

D’aller à l’international,

- puisqu’au départ le « Click and Walk » était purement franco-français. - Oui, Français.

Donc, aujourd’hui, on est présent dans cinq pays d’Europe.

D’accord !

C’est grâce entre autres aux levées de fonds.

Ah, oui. Tu as des équipes qui gèrent plusieurs pays en plusieurs langues ?

Exactement !

D’accord ! OK ! Super !

Cette thématique de levée de fonds que je disais,

tu la connais bien. Il y a une autre thématique que tu connais bien.

Oui !

Tu voulais parler là, aujourd’hui.

Oui !

C’est le droit à l’erreur.

Oui, tout à fait !

Le droit à l’erreur, c’est une vraie thématique dans l’entreprenariat

et aussi en cumuler le droit à l’expérimentation.

Tout à fait !

Qu’est ce que c’est ? Parlons-nous en un petit peu.

Qu’est ce que tu mets derrière ces mots-là ? À quoi cela correspond ?

Alors, ce que je mets derrière ces mots-là, c’est que le droit à l’erreur aujourd’hui,

c’est que je pense quand on est chef d’entreprise

et quand on débute une entreprise,

on commet des erreurs. On peut commettre des erreurs de tous types.

À un, parce que le droit français est extrêmement complexe.

Deux, parce qu’on est focus sur du business et sur de la technologie

et qu’on n’est parfois pas toujours attentif à certaines choses.

Alors, de bonne foi, j’entends.

De bonne foi, on peut commettre des erreurs.

Oui !

Je rencontre pas mal de chefs d’entreprise actuellement, qui me parlent en fait

de ses erreurs, qu’ils ont pu commettre et qu’ils sont sanctionnés.

Je trouve qu’aujourd’hui, je sais que ce sont des choses qui sont en train

d’être discutées en ce moment au niveau du gouvernement.

Il y a un projet de loi là-dessus ?

Il y a un projet de loi là-dessus. D’ailleurs, quand on en a parlé,

je n’avais pas forcément connaissance qu’il était aussi proche,

en tout cas, dans les discussions.

Oui !

Je pense que ce serait vraiment bien, si aujourd’hui

on avait une sorte de rescrit pour les chefs d’entreprise.

Évidemment, c’est...il faut que la bonne foi soit démontrée.

Mais en tout cas, on ne part pas du principe qu’un chef d’entreprise,

lorsqu’il se trompe, cela peut arriver

ou lorsqu’il fait quelque chose qui est,

j’allais dire, pas tout à fait conforme à la lettre de la loi.

(coupure)

pris de la loi. Il ne faut pas être mal...

(coupure)

Dès l’instant où on fait une erreur, qu’on puisse avoir

une sorte de bienveillance de la part de l’administration et donc de pouvoir échanger

un peu plus régulièrement avec les administrations et voir

lorsqu’on est contrôlé, pouvoir comme cela arrive parfois.

Ce n’est pas systématique qu’on soit pénalisé.

Mais qu’on puisse avoir ce type d’échange avec l’administration.

En gros, c’est comme un conducteur

qui va faire une toute petite infraction, qui va se faire choper par les flics

et qui va se faire une belle petite remontrance.

Voilà, cela arrive de temps en temps. Si ce n’est pas très grave,

cela m’arrive une fois

et attention, limitation de vitesse et puis allez circuler, quoi.

Après, on fait gaffe quoi. C’est vrai

- qu’une fois qu’on s’est fait remonté les bretelles. - Voilà !

- On fait un peu plus attention. - On fait un peu plus attention.

Tu fais ce parallèle-là pour l’entrepreneur.

Exactement !

C’est plutôt que d’arriver, sanctionné dès le premier coup,

c’est : « on discute » ?

- Oui. On discute. On explique. - Prévention ?

Voilà, de la prévention, parce qu’encore une fois

le droit français est assez complexe.

Quand on crée une entreprise, on est souvent

tout seul, à deux ou à trois et qu’on n’est pas des spécialistes

du droit français même si on se fait accompagné.

Il y a des choses qui sont parfois un peu complexes :

« mettre de la musique sur son téléphone,

la musique d’attente sur son téléphone ».

Cela veut dire qu’on peut potentiellement...

(coupure)

Oui ! Si on ne le fait pas, on va recevoir un petit courrier.

Puis c’est une problématique d’autant plus vraie.

D’autres, quoi, une vraie problématique.

*...* tu es dans le domaine de l’innovation.

Exactement !

- C’est le droit à l’expérimentation. - Tu dois le tester ? D’accord !

C’est encore un autre droit. C’est-à-dire qu’aujourd’hui,

il y a plein de sujets. Tu vois, par exemple

on est super là. On est dans ta voiture, mais demain

- on parle des voitures sans chauffeur. - Sans chauffeur.

Oui ! Tout à fait !

J’en ai parlé à un chauffeur d’UBER qui me prenait.

Je lui ai dit, parce qu’il n’était pas content. Il gueulait.

Si vous saviez,

il y a UBER qui vient d’acheter 20 ou 30 milles, je crois,

- de voitures sans chauffeurs. - Oui !

Cela va arriver. Cela va se déployer. Il dit : « je m’en fous.

Moi, si je veux une voiture sans chauffeur, je descends et je lui crève les pneus.

Il n’y aura personne pour m’engueuler vu qu’il n’y a pas de chauffeur ».

À la fin, c’est l’autorégulation.

- C’est l’autorégulation. C’est la limite de l’innovation. - Je ne suis pas sûr que ce sera top.

C’est la limite de l’innovation. Mais tu vois, là, typiquement,

on est dans des vraies problématiques de droit à l’expérimentation.

Parce qu’à la fois on sait que c’est en train d’arriver.

Cela va arriver !

On sait que la loi n’est pas forcément prête encore aujourd’hui.

C’est-à-dire qu’on ne connaît pas les contours de ces innovations.

C’est-à-dire : est-ce que cela va apporter du bien ou du mal ?

On peut dire que cela va supprimer des emplois. Est-ce que cela va en créer d’autres ?

On ne le sait pas encore. Donc, c’est un sujet plus économique.

Après, d’un point de vue pratique,

cela pose la question du droit du travail.

Cela pose la question du droit aux assurances.

- De la responsabilité, oui ? - De la responsabilité.

Si cette voiture sans chauffeur, elle a un accident,

qui est responsable ?

Donc, il y a plein de choses aujourd’hui qui sont à définir.

Je crois qu’en fait...

Tout cela n’est pas écrit dans la loi, aujourd’hui ?

Cela n’est pas écrit...

(coupure)

Comme la France est une terre d’innovation,

il y a de vrais sujets aujourd’hui

au tour de ces droits à l’expérimentation.

Alors, il y a un rapport qui s’appelle :

« France Stratégie 2017-2027 ».

D’accord !

Puisqu’on a un commissariat stratégique aujourd’hui, au niveau du gouvernement.

Oui !

Je pense que ce rapport permet d’avoir deux visions.

En fait, il propose deux solutions.

Un, c’est d’encadrer ce droit à l’expérimentation.

D’accord !

En disant dès le démarrage, le terrain de jeu et les limites.

Bon, c’est une solution. La deuxième,...

(coupure)

Taire et on observe. Il y a certains pays de l’Europe aujourd’hui

qui ont plutôt opté pour cette deuxième solution en disant :

« quand c’est innovant et qu’on ne sait pas que cela va donner.

Oui !

ben, l’entreprise déclare que c’est innovant ».

Oui !

Elle, comment dire, elle se...

- Elle prévient que ? -Elle prévient l’administration.

Il y a des échanges réguliers avec l’administration.

C’est-à-dire qu’on est dans un modèle de partage.

À un moment donné, l’État légifère en disant :

« OK ! Au vu de ce qu’on a... »

(coupure)

- Tu as le droit de cet appel entrant. Exactement ! - Oui, c’est cela. D’accord. OK.

C’est quoi ce rapport, ce document ?

Cela s’appelle : « France Stratégie 2017-2027 ».

D’accord !

Voilà, qui discute sur le Web.

Sur le Web ?

- Tu mettras le lien pour ceux qui s’intéressent

- en commentaire. -Je mettrais le lien.

Exactement !

Super ! Hop, on arrive à la fin de l’émission.

Écoute, super ! Merci beaucoup, Nicolas.

Écoute, c’est un grand plaisir.

C’était vraiment très sympa.

- Tu conduis bien et prudemment. - En attendant, tu as vu cela, je te remercie parce que...

Oui !

Tu vois que j’expérimente aussi les émissions et les interviews en conduisant.

Alors, je ne suis pas tout seul à le faire.

Mais c’est un exercice quand même.

Il faut savoir le faire. À la fin de l’émission,

- restez encore quelques secondes avec moi. - Oui, c’est vrai !

- C’est vrai. -Il y a la question à l’invité.

Donc, la semaine dernière, mon invité, c’était Yves DELNOTTE.

Oui !

De la société INEAT. Il te posait une question

qui était de savoir avec du recul maintenant :

Qu’est ce que tu referais différemment ?

Oui.

- Te peux lui répondre à Yves, directement au caméra. - Alors Yves,

je te remercie pour cette question magique.

Ce que je referais différemment aujourd’hui,

c’est de prendre un peu plus de temps pour moi.

Voilà, c’est...

Je pense, important pour ne pas avoir le nez dans le guidon.

(coupure)

Attends, je pense qu’on a eu un petit souci de son au moment où tu as répondu.

(bruit tapement micro)

Le micro fonctionne.

On va la refaire histoire d’être sûr.

- Donc, je refais ? - Qu’est ce que refait donc différemment ?

Donc, Yves, je recommence.

Donc, merci pour cette question magique.

Qu’est ce que je referais différemment ?

Ce serait de prendre un peu plus de temps pour moi.

C’est-à-dire m’accorder quelques heures dans la semaine

pour pouvoir aussi prendre plus de recul.

Faire autre chose que de travailler ?

- Faire autre chose que travailler. - Parce que tu as passé beaucoup beaucoup de temps ?

- Beaucoup de temps. - Tout le temps beaucoup.

Tout à fait !

OK ! Super ! À ton tour de poser

une question à l’invité de la semaine prochaine.

La semaine prochaine, ce sera Mathieu TARNUS,

le CEO, le patron de SARBACANE.

Oui !

Question de Frédérique à Mathieu.

Mathieu, je voulais savoir de quoi tu étais le plus fier ?

Question simple.

- Simple ! - C’est très bien. Je suis très content.

J’ai des invités très disciplinés. « De quoi tu es le plus fier ? »

- Exactement ! -Super !

Frédérique, merci beaucoup !

- Merci beaucoup, Nicolas ! - Très bonne journée à toi !

- Très bonne journée à toi aussi. - Je te laisse sortir.

- Et à très vite ! - À très vite ! Merci !

Voilà, c’était Frédérique GRIGOLATO.

J’espère qu’on n’a pas eu trop de problèmes de son

et que c’était juste visuel, les petites alertes.

Et que cela était clair et audible pour tout le monde.

Voilà, on a pu bien discuter avec elle de son expérience.

Elle a créé une startup dans les tops 10 des startups

et des entreprises les plus innovantes au monde.

C’est quand même important de le souligner.

Elle a levé plus de cinq millions d’euros.

Elle nous a fait part de son avis sur toute cette vie d’entrepreneur.

Ce sujet qui est vraiment d’actualité et qui va être de plus en plus,

ce droit à l’erreur et ce droit à l’expérimentation.

C’est un vrai sujet que chaque entrepreneur doit avoir en tête,

surtout si on veut innover. Voilà ! Surtout si on veut

faire des choses un peu différentes

et dans lequel la loi n’a pas prévu tous les contours.

Donc, c’est peut-être à nous aussi citoyen et entrepreneur

de faire évoluer la loi dans le bon sens.

Mais tout du moins de montrer les nouveaux usages que

les outils et que les pratiques peuvent apporter.

Et que cette loi doit s’adapter. Alors, c’est lent.

Ce sont des processus très compliqués,

mais on sait que ce n’est pas impossible. Voilà !

J’espère que cette émission vous a intéressé.

Donc, la semaine prochaine, mon invité, c’est Mathieu TARNUS.

Mathieu TARNUS, le patron de SARBACANE.

Avec lui, on va parler d’un sujet.

Donc, de ce qu’il a vécu et qu’il vit. C’est entreprendre en famille.

Donc, c’est un sujet que beaucoup d’entrepreneurs aussi connaissent.

On va discuter de tout cela avec lui.

Voilà. Merci à vous d’avoir été au rendez-vous comme toutes les semaines.

La semaine prochaine, c’est un mardi. C’est à neuf heures.

Voilà, le rendez-vous, j’espère, est pris maintenant.

Je vous souhaite une excellente journée et une très bonne semaine.

Innovez et prenez des risques.

À la semaine prochaine. Salut !

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