Voir les autres épisodes Sur La Route
Sur La Route #27
Mardi 13 Février 2018

avec Nicolas Quilliet Frédéric Motte

Fondateur de Cèdres Industries

Bonjour tout le monde.

On est mardi. Il est neuf heures.

On est en direct de ma voiture et en live sur Facebook.

Je m'appelle Nicolas QUILLIET.

Et on tourne aujourd'hui l'épisode numéro 27 de #SurLaRoute.

Mon invité de ce matin, c'est Frédéric MOTTE.

Frédéric MOTTE, le co-fondateur du Groupe Cèdres Industries.

Et il nous va parler de son chemin, de son parcours et de son expérience

qui est riche, notamment de la création de l'entreprise et de l'entrepreneuriat,

mais justement qui ne passe pas que par la création, mais aussi par la reprise.

Voilà, il a plus de 25 reprises à son actif.

Il va nous en parler.

On va parler avec lui aussi du management de ses entreprises :

comment on fait pour gérer un groupe composé de 25 entreprises.

Enfin, on va parler de son engagement citoyen.

Voilà, en tant qu’ancien maire d'une petite ville Beaucamps-Ligny.

Et là, d'un challenge qu'il s'est lancé au niveau du MEDEF.

Voilà, il va nous raconter tout ça, tout de suite.

On accueille tout de suite Frédéric MOTTE.

Bonjour Frédéric !

Bonjour Nicolas !

Comment vas-tu ?

Pleine forme.

Pleine forme dès le matin ?

Toujours.

Allez, c'est parti #SurLaRoute numéro 27.

Frédéric, est-ce que tu peux te présenter

pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?

Frédéric MOTTE donc, j'ai 53 ans.

Je suis né à Armentières.

J'ai une femme qui est franco-canadienne.

Nous avons deux filles : 18 et 16 ans.

Donc un parcours d'entrepreneur et de citoyen engagé.

Né à Armentières, donc un pur produit du Nord.

Exactement.

Tombé dans une famille de brasseurs.

De brasseurs ?

Depuis huit générations.

D'accord ! OK ! Super !

Aujourd'hui, tu diriges un groupe

qui s'appelle le Groupe Cèdres Industries.

Affirmatif !

Avantage : nous sommes deux,

puisque nous sommes associés.

On en reparlera peut-être.

Tout-à-fait !

Qu'est-ce que ça fait aujourd'hui Cèdres Industries ?

Alors le métier de Cèdres Industries,

c'est de dessiner un bureau d'étude.

C'est de construire et d'installer les chaînes de fabrication.

D'accord !

Donc, on construit les chaînes de fabrication

pour griller vos croquettes Findus,

fabriquer vos pots de boissons,

emballer, couper, souder, etc.

D'accord, Cèdres Industries.

L'industrie en fait, ce n'est pas chaînant.

De l’'industrie et du service puisqu'on dessine donc, c'est l'activité du bureau d'étude.

On dessine en trois dimensions.

Puis après, c'est beaucoup de métiers manuels

de soudeur, d'électromécanicien et d'hydraulicien.

Puis après, c'est d'aller installer ça en France et dans le monde entier.

D'accord !

Alors, ce que je disais en introduction

aujourd'hui, c'est donc un groupe

un groupe que tu as créé.

Par contre, la première entreprise qui compose ce groupe,

tu ne l'as pas créée, tu l'as reprise.

Exactement !

C'est ça ?

Oui.

Voilà, j'ai eu beaucoup d'invités qui bon,

on reparlait des start-ups, des entrepreneurs et des créateurs.

Ça, c'est une autre facette de la création d'entreprises

dont on parle peu qui est la reprise d'entreprise.

Et toi, tu as commencé par ça en fait. À quel âge ?

Alors, j'avais 32 ans.

32 ans ?

Nous n'avons fait « que » ça

puisqu'avec mon associé, nous n'avons fait que reprendre des entreprises.

D'accord !

Donc dans l'idée, c'est que ça allait plus vite.

Oui.

On récupérait des compétences.

On récupérait des clients.

On récupérait des savoir-faire.

Puis, il faut savoir que la reprise des entreprises,

ça tient à quoi ?

C'est à la fois des personnes qui veulent transmettre

et puis qui n'ont pas d'enfant ou d'enfants qui souhaitent.

Mais c'est aussi des grands donneurs d'ordre

qui veulent moins de sous-traitants, plus globaux

donc la nécessité de rapprocher des entreprises.

Donc nous, on leur proposait de rejoindre

un groupe cohérent à taille humaine

qui laissait la possibilité à chacun de s'épanouir.

Et surtout ça, c'est une valeur forte.

Moi, je suis très adepte de la R.S.E :

la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

Oui.

Donc, nous sommes acteurs du territoire.

Donc, ces entreprises, comme elles fonctionnaient bien,

à chaque fois que nous les rachetions,

pourquoi casser quelque chose qui va bien ?

Donc, elles sont toutes restées implantées

là où elles le sont avec leur équipe,

mais elles travaillent ensemble

parce qu'ensemble on est plus fort que tout seul.

Donc, tu rends compte comment ça se passe pour...

Comment on fait pour racheter une boîte ?

On rencontre le patron de la boîte ?

C'est lui qui vient te chercher ? C'est quoi ?

C'est une histoire d'hommes souvent.

Alors, ce sont des... c'est un cabinet comptable

qui vous le rapporte et qui vous le présente.

C'est une banque.

Mais le plus important,

c'est le premier rendez-vous, comme dans une négociation commerciale.

Il faut vraiment qu'il y ait un feeling

entre le cédant et le repreneur

parce que souvent, pour lui, c'est toute sa vie.

C'est une entreprise qu'il a créé, qu’il a développée.

il connaît chaque salarié par son prénom et son histoire.

Puis à un moment, il y a une rupture.

Il va falloir couper le cordon

puisqu'il va vendre son bébé.

Donc, il faut absolument qu'il y ait un contrat de confiance

qui se passe entre nous.

Que notre projet colle bien avec le sien.

Et c'est ce que je pense qu'on a réussi à chaque fois à faire.

Aujourd'hui, si je recroise toutes les personnes

qui nous ont cédé leur entreprise,

je pense qu'on irait boire une bière ensemble dans le café du coin

Et il traverserait la rue pour me serrer la main.

Est-ce qu'il y en a encore qui sont dans les boîtes qu'ils ont créées ?

Tout à fait !

Il y en a qui ont fait 8 jours avec nous,

mais d'autres qui ont fait 5, 6 ans à 7 ans.

Et il y en a qui, 18 ans après, sont toujours avec nous.

18 ans après ?

Exactement !

Quel était, sans rentrer dans les détails,

mais pour cette personne, qui est restée pour 18 ans,

quel était son intérêt à lui de te revendre son entreprise ?

Elle est toujours avec nous.

Elle est toujours encore aujourd'hui ? D'accord !

Mais c'est parce que son entreprise,

tout seul, elle n'aurait pas survécu.

Un grand donneur d'ordres, en l'occurrence dans l'automobile,

ne voulait plus un petit sous-traitant dans un coin.

Il voulait quelque chose de global.

Donc, il lui disait :

« Vous avez un savoir-faire, on veut le garder,

mais rapprochez-vous de quelqu'un

qui va pouvoir nous faire une prestation plus globale. »

Donc, il est venu, il pilote.

Il copilote maintenant une de nos entreprises.

D'accord !

Il est là depuis 18 ans et tout va bien.

D'accord !

Il va partir prochainement en retraite d'ailleurs.

OK donc, tu l'as même accompagné jusqu'à la retraite.

Jusqu'au bout.

Jusqu'au bout.

Donc, on voit que la reprise de l'entreprise,

c'est aussi de la sauvegarde de l'emploi et de la création.

C'est leur donner un horizon.

Et je crois que ce n'est pas faire honte aux cédants.

C'est, quand vous êtes à quelques mois ou quelques années la retraite,

forcément, il ne va pas prendre des risques.

Il ne va pas réinvestir dans un nouveau bâtiment, etc.

Donc, quand vous avez un repreneur plus jeune,

c'est emmener l'entreprise plus loin.

Et je pense que toutes les entreprises qu'on a reprises,

justement, on les a amenées plus loin.

Donc, elles se sont développées.

Donc, elles ont investi.

Elles ont embauché.

D'accord !

On se dit : « la reprise d'entreprise »,

quand on est jeune par exemple,

« Ce n'est pas forcément pour moi »,

parce qu'il faut peut-être avoir 50 ans

et un gros pécule pour pouvoir investir.

Et on disait justement :

la première reprise que tu as faite, tu avais 32 ans.

32 ans !

Donc c'est possible de le faire à la trentaine

et de commencer par ça dans l'entrepreneuriat ?

Moi, je suis convaincu.

D'autant plus que maintenant, vous avez tous les outils financiers

pour accompagner le repreneur.

Oui.

Donc autrefois, c'était peut-être un peu difficile.

Mais maintenant, il y a toute une série de…

entre les banques, les fonds d'investissements -privés ou publics-,

de garantie et autres.

Donc, on arrive à trouver aussi les "Business Angel",

les fonds d'investissement qui vont accompagner.

Alors, certains qui voudraient dire :

« Mais je veux la reprendre à 100%. »

Il vaut mieux avoir 40% d'une boîte qui se développe

que 100% d'un petit truc ou de rien du tout.

On est d'accord.

Mieux vaut une part d'un...

une petite part d'un gros gâteau qu'une grosse part d'un petit gâteau.

Puis, tout ça te permet de se faire accompagner et aider.

Donc, c'est jamais mauvais.

OK ! Super !

Cette première reprise d'entreprise, tu ne l’as pas faite seule ?

Non ! Alors, on est associés.

C'est le hasard de l'histoire,

c'est quelqu'un que je ne connaissais pas.

Nous sommes rencontrés.

Puis, on a bâti notre projet à deux.

Tu ne connaissais pas ton associé actuel ?

Non.

Ce n'était pas un ami ? Ce n'est pas quelqu'un de la famille ?

C'était ?

Non, non. Et ça reste un associé.

Et je crois que c'est quelque chose de bien,

parce que justement, quand c'est de la famille ou un ami,

c'est toujours embêtant quand il faut se faire des reproches, etc.

Or, la vie de l'entreprise, ce n'est pas toujours facile.

Ce n'est pas un long fleuve tranquille.

Donc moi, je dis toujours : « Ce n'est pas un ami, c'est un associé. »

Même si je l'apprécie beaucoup.

Mais c'est un associé.

Donc, on ose se dire les choses.

Oui.

Je pense que si on est toujours ensemble 21 ans après,

c'est parce que justement

d'abord, je n'étais pas seul.

Quand il y a beaucoup de chefs d'entreprise me disent :

« Je suis seul face à une décision à prendre

pour investir, pour embaucher, pour licencier

pour attaquer un nouveau marché… »

Moi, je n'ai jamais eu ce sentiment-là.

parce qu'à minima, on est deux.

Premier point.

Puis, on se complète.

Il a des savoir-faire que je n'ai pas.

J'en ai qu'il n'a pas.

Et je dis ne qu'on ne fait pas d'erreur.

Mais si on en fait un petit peu moins que nos concurrents,

je pense qu'on prend un avantage concurrentiel.

Au moins, vous les faites à deux.

Donc, vous pouvez vous soutenir, échanger et discuter.

Tout-à-fait !

Ça, c'est important.

Effectivement, l'accompagnement et le partage.

On parle souvent de la solitude du chef d’entreprise,

Carrément.

toi, ce n'est pas quelque chose que tu as connu

parce que vous étiez deux.

Jamais.

C'est génial.

21 ans, vous êtes à deux et associés.

Et sans rentrer dans le secret, vous êtes associés à 50/50.

Exactement.

Si on dit 50/50,

ce n'est pas un mot en l'air pour dire :

moite-moite, c'est vraiment 50 %/50 %.

Alors, quand même ça, pour avoir

nagé dans pas mal de parcours d'accompagnateurs de créateur d'entreprises.

C'est le truc qu'on déconseille tout le temps le 50/50.

C'est-à-dire, ne faites jamais ça

parce que s'il y a une décision à prendre.

Vous êtes bloqués.

Et toi, tu es la preuve vivante.

Cela fait 21 ans.

Vous êtes à 50/50.

Moi, j'ai envie de dire exactement le contraire.

Ça nous oblige à trouver une solution.

Parce que justement si vous, vous êtes à...

Ça oblige un compromis ?

Exactement ! Alors le compromis, il ne faut pas qu'il soit tiré vers le bas.

Mais moi, justement je trouve que c'est sain,

parce qu'on se complète.

Alors maintenant, il y a certainement des exemples et des contre-exemples.

Le nôtre, je pense, est un bon exemple.

Oui.

Parce que justement, s'il y en avait un qui dominait l'autre,

le jour où il y a une mauvaise décision,

il y a toujours une certaine rancune.

C'est lui, c'est moi, c'est toi, etc.

Alors que là, c'est ensemble.

Cela amène aussi à ...

Cela oblige plutôt à avoir d'abord plusieurs choses.

Je veux dire de la confiance mutuelle.

Oui.

Cela oblige à faire des compromis.

Donc de temps en temps, à avoir un peu d'humilité.

De reconnaître, « j'ai fait une erreur »,

ou « ma proposition n'était pas la bonne ».

Parfois se dire : « j'ai raison et c'est comme ça ».

Moi, je crois que c'est le...

Il y en a qui appellent ça la « règle des 5 C ».

Ce sont les compromis.

C'est la confiance.

C'est la complémentarité.

Puis, je ne sais plus les deux autres.

On ira chercher les deux autres sur Internet.

Exactement ! Voilà !

D'accord ! OK !

Donc, ça fait 21 ans que ça dure.

On a plein de projets.

Et ce n'est pas fini, l'aventure continue.

On est en train...on a quelques dossiers qu'on regarde pour sortir

Historiquement, on avait démarré dans le Nord.

Puis, on est parti autour de Paris, d'Avignon, dans l'Est et à l'étranger.

Puis là, on aimerait bien continuer.

On a quelques cibles dans l'Ouest de la France et dans le Sud.

Donc là, même après 25 créations d'entreprises,

tu continues d'avoir des projets ?

Exactement !

Excusez-moi, reprise d'entreprises.

Tu continues d'avoir des projets.

D'abord, c'est crucial à titre perso

parce que moi, ce que j'aime bien,

c'est le développement

dans tout entrepreneur, il y a cette notion de développement

d'oser prendre des risques et d'audace.

C'est aussi important, je pense, pour toutes mes équipes.

Moi si je dis à mes directeurs et à mes chargés d'affaires,

les gars, on ne se développe plus, c'est terminé,

je pense que les meilleurs partiront.

Donc, comment je les emmène vers de nouveaux challenges ?

Et puis, c'est capitaliser sur nos expériences.

C'est ça qui est amusant.

C'est : plus on avance, plus on a d'expériences.

Plus on ose prendre des… plus on a la capacité de relever de nouveaux défis.

Et plus on fait des choses extraordinaires.

Comment on manage ?

Comment on manage un groupe composé de 25 entreprises ?

Reprise.

Donc, on parle souvent

dans les start-up ou dans les nouvelles entreprises qui se créent,

même plus ancienne,

il y a la culture d'entreprise qui doit être forte.

Donc, quand on crée une boîte de zéro,

on la crée ; l'ADN, on le développe.

Quand c'est une addition de 25 ou plus de structures,

Comment on fait pour gérer ça ?

D'abord, on a racheté les uns un petit peu.

Puis qu'il y en a quelques unes

qui étaient à quelques centaines de mètres l'une de l'autre.

Donc, c'est 17 sites avec du personnel.

Il y a 17 lieux différents ?

C'est énorme.

C'est sûr qu'il y a un peu de frustration.

Ça fait combien de salariés en tout ?

Un petit 400 personnes.

400 personnes sur 17 lieux ?

Donc, c'est un peu frustrant

parce que si, au début, on connaît chaque personne individuellement

chaque salarié, on peut y aller souvent.

C'est évident qu'à 17

on ne peut être tous les jours partout.

Donc, il y a le...

Moi, qui suis passionné par l'animation des hommes et le développement

c'est évidemment une petite frustration.

Maintenant, ça repose un peu comme tout à l'heure

dans les relations avec mon associé.

Cela repose sur la confiance et sur la délégation.

Donc, en l'occurrence dans notre organisation, on a mis un manager

à la tête de chacun de ces sites d'industriel.

Donc, c'est un vrai patron.

Il a son coin de ciel bleu.

Il pilote sa boîte.

Elle a gardé son nom et ses équipes.

Il doit afficher ses objectifs, etc.

D'accord ! Il est autonome sur...

Alors nous, au niveau du groupe, on va plutôt "en support".

Donc, on va l'aider dans les outils de gestion.

Moi, je vais aller l'aider s'il le faut ponctuellement

sur un rendez-vous commercial, un rendez-vous avec un banquier

ou à un comité d'entreprises.

Mais il est patron de sa boutique.

Donc ça, je crois que c'est un bon challenge pour chacun d'entre eux.

D'accord !

Ils restent patrons de leur boutique

Tout à fait !

avec une autonomie et une indépendance.

Tout à fait !

Ce management, tu ne l'as pas appris à l'école,

je suppose ou quoi ?

On n'apprend pas à l'école à gérer 400 personnes.

Non ! Alors, c'est le fruit de toute une série d'expériences

puis on apprend tous les jours.

Moi, je vis ouvertement

que ce soit par mes engagements hors professionnels et par mon boulot.

Ce qui va bien dans une entreprise,

on le rapporte dans une autre.

Quand je rentre moi, je pousse tous les chefs d'entreprise

à être dans des clubs de chef d'entreprise.

Idéalement et évidemment d'adhérer au MEDEF

pour se faire du réseau, pour rencontrer et pour partager les expériences.

Moi, je suis convaincu que si j'apporte

par mon expérience et mon temps quelque chose aux gens du MEDEF,

ils m'apportent aussi beaucoup

parce que justement c'est autant d'expériences

qu'après je vais diffuser dans mes entreprises.

Oui parce que voilà, cette expérience, c'est des échanges.

C'est des discussions avec des chefs d'entreprise.

Et sur d'autre problématiques.

Et qui sont dans d'autres secteurs.

Même s'ils sont dans des secteurs totalement différents des miens.

Mais ils sont aussi confrontés à recruter des jeunes

et à savoir : « comment je les garde dans mon entreprise ? »

« comment je les motive ? »

« Comment je relève du nouveau challenge technique ? »

Donc ça, c'est le côté passionnant des réseaux.

Alors parlons de réseau justement et engagement citoyen

sur notre dernier thème.

En préparant l'émission, je ne savais pas.

On connaît alors, ceux qui te connaissent,

ils vont découvrir ton engagement entrepreneurial au MEDEF.

Donc, MEDEF local.

Puisque tu es le président du MEDEF Lille et Hauts-de-France.

Exactement.

Mais tu as été aussi maire.

Tout à fait !

Maire d'une petite ville.

Je dis petite, mais ce n'est pas péjoratif,

mais moins de 1000 habitants, Beaucamps-Ligny.

Oui, exactement !

Pendant ?

19 ans.

19 ans ?

19 ans, c'est trois mandats.

C'est le plus beau des mandats.

C'est le plus beau des mandats, parce que c'est vraiment

un mandat de proximité.

Donc, on est au service des gens.

Je les connaissais tous.

C'est une grande famille ou quoi ?

Je les connaissais tous.

Je connaissais chaque maison.

Je connaissais chaque parcelle de terrain.

C'est passionnant aussi

parce que notre job, c'est d'aménager la commune.

C'est d'assurer un certain nombre de missions.

Mais je dis souvent et je prends souvent l'image,

c'est de tricoter du lien social.

Oui à 1000 personnes.

Ça, c'est vraiment extraordinaire.

Une des plus belles satisfactions que j'ai eu,

c'est quand j'ai volontairement [arrêté],

puisque j'ai volontairement arrêté au bout de trois mandats.

J'avais été saluer le capitaine de gendarmerie.

Et il m'a dit :

je savais que vous étiez un bon maire

parce que je n'avais quasiment jamais de plaintes de voisinage

qui arrivent en gendarmerie.

Vous aviez aplani tout ça

à votre niveau ; au niveau de la commune.

Donc, je savais que vous faisiez bien votre boulot.

C'est l'indicateur de paisibilité.

Un parmi d'autres.

Un parmi d'autres.

Pourquoi on décide d'être maire ?

Pourquoi tu décides à un moment

de dire : je vais m'engager dans ma ville ?

Puisque c'est là où tu habitais.

exactement, c'est mieux.

Mais c'est mieux et ce n'est pas évident pour tout le monde.

C'est là que tu habitais

tu t'engages

Pourquoi ?

Pour l'argent ?

D'abord pas pour l'argent.

Là, j'ai envie de dire, ça provoquera peut-être quelques réactions,

mais les maires, ils ne sont vraiment pas payés cher,

pour le boulot qu'ils font.

C'est payé combien un maire ?

Un maire de Beaucamps-Ligny, c'est payé combien ?

Alors, mes deux premiers mandats, volontairement, je suis un peu cinglé

mais j'avais réduit mon indemnité ; je touchais 300 euros par mois.

Parce que je ne voulais pas ponctionner la commune,

puis j'estimais que j'avais un boulot par ailleurs.

300 euros par mois.

Mais je pouvais gagner un peu plus, je pense.

Après le dernier mandat, j'ai pris toute mon indemnité

qui est définie par la loi.

Donc, ce n'est pas en fonction du bon vouloir

C'est public ?

Voilà !

Parce que je ne voulais pas

que mon ou ma successeur, en l'occurrence c'est une successeur,

puisse être pénalisée

qu'on l'a critique parce qu'elle augmente son indemnité.

Donc, j'avais pris tout mon indemnité.

puis à la fin, j'ai fait un beau cadeau à la mairie

en rachetant pleins d'archives, avec mon indemnité.

Je ne faisais pas ça pour l'argent.

Ce qui me motive moi, c'est d'aimer mon territoire.

Donc, j'avais envie de le développer et de le préserver.

Puis, c'est ce que je disais tout à l'heure,

c'est ce lien social.

Il y avait des gens fabuleux.

Moi, j'ai les souvenirs de participation à des manifestations,

à des repas des anciens, à des commémorations et à des cérémonies.

Chacun dans sa diversité,

que ce soit un agriculteur, un retraité,

un président d'association, des jeunes qui lancent une troupe de théâtre,

ou un commerçant.

Ce sont autant de parcours.

Ce sont autant de femmes et d'hommes

qui ont envie de partager

et qui ont des histoires extraordinaires.

Donc ça, ça m'amuse.

Puis, tu es obligé que ça t'amuse.

Oui, j'ai intérêt

parce que c’est matin, midi et soir.

Week-end y compris.

C'est fou ça.

Mais c'est pour ça que c'est plus sain aussi

volontairement, quand j'ai dit que j’arrêtais au bout de trois mandats,

j'ai écrit à mes habitants en disant :

j'en fais un troisième et je vais arrêter,

parce qu'il faut renouveler.

Moi, je suis ravi, là.

J'ai mon adjointe qui m'a succédé.

Elle a de nouvelles idées.

Elle a un dynamisme que je n'avais peut-être plus.

Donc, je trouve que dans le mouvement démocratique

c'est tout à fait ça.

C'est un engagement effectivement impressionnant,

qui demande des sacrifices.

Oui.

Donc là, tu décides aujourd'hui

de te lancer dans un nouvel engagement,

qui est tout aussi fou et qui va te demander encore plus de sacrifices,

qui est de passer à un niveau encore au-dessus, au niveau du MEDEF.

On va en reparler plus précisément, de ce qu’est le MEDEF.

Je crois que tu vas nous en dire deux mots d'ailleurs,

pour l'image qu'on en a.

Donc là, tu es au niveau local Lille et Hauts-de-France

et tu te présentes à la présidence nationale.

Exactement.

Donc pour succéder à un personnage bien connu

qui est Pierre GATTAZ

qui est aimé et détesté.

C'est très compliqué d'être à la tête.

Ce n'est pas simple.

Mon challenge sera justement de faire aimer l'entreprise.

Ce n'est pas l'homme en tant que tel.

Mais c'est de faire aimer l'entreprise.

Alors, le MEDEF c'est...

Pourquoi tu te lances...

Vas-y.

C'est quoi le MEDEF et pourquoi tu t'es lancé dedans ?

Alors le MEDEF, c'est le premier mouvement syndical patronal de France.

Et qui a l'avantage...

Je suis convaincu que c'est un vrai avantage, c'est de représenter

les grandes entreprises

mais il est trop souvent catalogué comme ça.

Mais il représente les moyennes et les petites à 90 à 95 %.

Nos adhérents, ce sont des T.P.E et P.M.E qui veulent faire du réseau,

qui veulent développer leur business,

et qui veulent être accompagnés.

Et je suis convaincu moi que le...

Qui peut créer de l'emploi et de la richesse

Et ce qui permet ensuite de faire la solidarité ?

C'est l'entreprise !

Donc, on a un mouvement actuellement

qui semble très positif.

De mettre en avant l'entreprise.

Donc moi, un de mes mandats, ce sera...

un de mes objectifs

ce sera justement de mieux faire aimer l'entreprise

et de mieux faire aimer l'entrepreneur

pour qu'on ait plus d'entrepreneurs demain.

Qu'on ait des entreprises qui grandissent.

On avait trop de T.P.E.

C'est très bien de démarrer T.P.E.

Mais c'est comment on les fait grandir

pour qu'elles puissent innover et exporter.

La compétition est dure aujourd'hui

avec la mondialisation, avec la révolution des technologies

et avec les exigences du consommateur.

C'est lui qui nous bouscule,

et qui nous titille tous les jours.

Le job du MEDEF, c'est aussi d'aller aider

et accompagner ces entrepreneurs.

Donc, je voudrais porter justement

toutes les expériences que j'ai pu acquérir dans les territoires,

toutes les rencontres que j'ai eues avec des chefs d'entreprises

de petites entreprises, de moyennes et de grandes,

pour aller porter ça au niveau national

avec l'ambition que j'ai

de succéder à Pierre GATTAZ en juillet prochain.

Donc ça, c'est un...

Ça va être un boulot à temps plein ?

Pas à temps plein, mais presque.

Ça dépend en fonction.

C'est tout comme le mandat de maire

on peut très bien n’y aller qu'une heure par jour

ou on peut y passer sa journée.

Le mandat de MEDEF, oui il faut être franc

c'est un vrai sacrifice à la fois en termes de vie familiale.

Cela veut dire que dans mon organisation d'entreprise,

Je me suis bien débrouillé pour déléguer, pour avoir quelqu'un.

Et c'est ce qu'on a fait maintenant avec un directeur général

qui coordonne l'ensemble

pour pouvoir me dégager du temps.

Mais je veux garder un peu du temps

pour aller dans mes entreprises

parce que j'estime que c'est, un : ma légitimité ;

Deux : c'est mon gagne-pain.

Parce que le mandat du MEDEF de Lille, de Hauts-de-France ou de Pierre GATTAZ,

c'est zéro.

C'est important de le dire.

Ce sont des mandats bénévoles.

C'est bénévole ?

C'est bénévole ?

Entièrement bénévole ?

Entièrement bénévole.

C'est un mandat qui est non renouvelable.

C'est un mandat de cinq ans.

D'accord !

Mais au niveau local, c'est deux fois trois ans.

Et au niveau national, c'est cinq ans non renouvelables.

Comme ça on se donne à fond.

Puis après, on passe le flambeau au suivant.

OK ! Super engagement.

Bravo pour ça !

Un beau challenge.

Oui, bravo pour ce challenge.

Se donner des objectifs, on en parle souvent.

Mais là, tu as visé haut là.

Là, c'est un vrai bel objectif.

Et on te souhaite de l'atteindre.

Merci !

On arrive à la fin de cette discussion.

À la fin d'émission, il y a une rubrique

qui est récurrente et qui est la question de l'invité.

Donc, c'est simple.

Le but, c'est de faire du lien

entre les invités de #SurLaRoute.

L'invité de la semaine dernière,

c'était Véronique FOURNIER.

Véronique FOURNIER t'a posé une question directe directement,

qui fait écho à ce que tu disais :

le MEDEF, c'est bien, on le connaît, médiatiquement

surtout en fait, et moi y compris.

Je ne connaissais pas vraiment

avant que tu m'expliques ce que c'était et à quoi ça servait.

On connaît surtout par rapport aux entreprises du CAC 40 :

les grosses entreprises..

À un moment Véronique, elle te pose la question :

les petites et les T.P.E,

c'est quoi la place de la petite entreprise au MEDEF ?

Tu peux lui répondre directement.

À Véronique, je vais lui dire : c'est une raison de plus pour venir au MEDEF.

parce que oui, le CAC 40

ils sont tous adhérents du MEDEF,

mais ils ne sont que 40.

Comme elles ne représentent que plusieurs dizaines

et qu’il y a un grand nombre de dizaines de milliers d'entreprises,

la majorité, je disais de mes adhérents,

ce sont des T.P.E et P.M.E.

Et ces T.P.E et P.M.E, qu'est-ce qu'elles veulent ?

Elles sont tout seules dans leur coin.

Elles voient un monde qui bouge vite

et des exigences qui sont plus en plus fortes.

Donc, venez nous rejoindre,

pour justement faire du réseau,

trouver de l'accompagnement,

trouver des idées

et trouver des outils pour vous accompagner

dans votre cursus d'entrepreneurs.

Et que votre T.P.E devienne demain une P.M.E.

Et pourquoi pas après demain une E.T.I.

Donc, raison de plus pour venir au MEDEF.

Donc, la petite entreprise est importante.

Elle a toute sa place.

Vous verrez, elle a toute sa place.

Et on a beaucoup d'actions

qui sont justement à destination de ces patrons de T.P.E

pour les aider à se former,

pour les aider à rencontrer

et à mieux analyser leur environnement.

Cela vaut le coup au moins d'aller voir ce qui se passe.

Exactement.

Super ! Merci pour Véronique.

Deuxième question, c'est toi qui la pose

à mon invité de la semaine prochaine.

C'est Axel ALLÉTRU.

Alors Axel ALLÉTRU, c'est un champion sportif

qui a fait les Jeux Olympiques et les championnats du monde

qui était en BMX.

Alors, je ne vais pas dire de bêtises

en Motocross en tant que valide.

On va dire valide parce qu'aujourd'hui,

il est handicapé.

Il a eu un accident.

Et même handicapé, il a décidé de continuer

le sport à très haut niveau

et il a voulu participer aux Jeux Olympiques en natation, handisport.

Voilà, il a un parcours fou.

On va en parler la semaine prochaine avec lui.

Vous verrez, c'est impressionnant.

Est-ce que tu as une question lui poser ?

Alors, j'aimerais dire trois choses.

La première, c'est chapeau et respect.

parce que c'est bluffant comme énergie.

La première interpellation, c'est cette capacité de résilience

de rebondir après un échec.

Donc, quels ont été pour lui les éléments déclencheurs ?

Parce qu'il aurait pu baisser les bras.

Après son accident, il rebondit.

Puis quel conseil nous donnerait-il

parce que tous dans nos vies,

à un moment ou un autre, on a notre vie d'entrepreneur familial.

On a des petits coups de mou.

On est un peu en bas de l'échelle.

Qu'est-ce qu'il nous donnerait comme conseil pour justement rebondir ?

Super !

Voilà !

Parfait !

Il répondra donc à tout ça à la semaine prochaine.

Merci beaucoup Frédéric !

Merci Nicolas !

Merci pour cet échange.

Bonne semaine.

Je t'invite à sortir.

Bonne semaine à toi.

Elle est très chargée visiblement.

Aie, aie.

À bientôt.

À très vite.

Au revoir, Frédéric.

Voilà, c'était le parcours et l'expérience de Frédéric MOTTE.

J'espère que ça vous a intéressé.

Donc un parcours différent encore des autres entrepreneurs

qui ont pu se succéder dans l'émission.

Il a parlé de la reprise d'entreprises,

un sujet souvent oublié quand on veut entreprendre.

Effectivement, il y a des belles entreprises qui existent

et qui nécessitent un second souffle.

Et c'est là qu'un nouvel entrepreneur peut arriver

et donner ce second souffle.

C'est un vrai sujet dans la création et dans l'entrepreneuriat

donc la reprise d'entreprises.

Il nous a parlé aussi de son management :

comment on fait ça avec un associé 50/50 ?

Ça se passe super bien ; le travail et l'organisation.

Enfin, son engagement citoyen,

maire d'une petite ville pendant 19 ans.

Il a dit, je crois, Beaucamps-Ligny.

Chapeau !

Parce que tous ces mandats demandent énormément d'investissement.

Et là, un nouveau challenge pour lui au MEDEF national.

N'hésitez pas à vous renseigner sur ce qu’est [le MEDEF].

Je n'en fais pas du tout la promotion.

Ce n'est pas le but.

Je n'en suis pas membre moi-même.

Mais c'est intéressant de regarder

ces réseaux de chefs d'entreprises parce que

ça permet de ne pas rester seul encore une fois,

d'échanger et de rencontrer des gens intéressants et passionnants.

Comme l'est Frédéric.

Voilà !

Mon invité de la semaine prochaine, je l'ai dit :

Axel ALLÉTRU.

Axel, il a un parcours de fou.

Je mettrai des petites vidéos

sur ce qu'il fait et ce qu'il est.

Un sportif de très haut niveau.

Championnats du monde, Jeux Olympiques

en BMX, motocross et maintenant en natation.

En catégorie.

Là, la natation malheureusement pour lui, handisport,

mais pas malheureusement en fait

puisqu'il a réussi à rebondir de manière phénoménale.

Il va nous raconter tout ça dans une semaine.

Mardi prochain, à neuf heures.

Comme tous les mardis à neuf heures

dans ma voiture en live sur Facebook.

C'est #SurLaRoute.

Entreprenez et bougez-vous.

Très bonne semaine à tous et à toutes.

Et à mardi prochain.

Salut !

Émissions qui peuvent
vous intéresser
(voir tout)