Voir les autres épisodes Sur La Route
Sur La Route #33
Mardi 03 Avril 2018

avec Nicolas Quilliet Jimmy Devemy

Cofondateur Le Court Circuit

Bonjour tout le monde.

On est mardi, il est 9 heures.

On est en direct de ma voiture et en live sur Facebook.

Je m'appelle Nicolas Quilliet et on tourne l'épisode numéro 33 de #SurLaRoute.

Mon invité ce matin, c'est Jimmy Devemy.

Jimmy, le co-fondateur de la start-up le Court-Circuit.

Avec Jimmy ce matin, on va parler de la création d'entreprises.

Le fait d'entreprendre et de sauter le pas quand on est salarié.

Donc Jimmy, il a démissionné de son poste et il a créé sa boîte.

Il va nous expliquer si c'était le bon moment ou pas et comment il a fait ça.

Ensuite, ils ont choisi de créer à trois, trois associés.

Un, c'est déjà pas mal de se lancer,

deux c'est bien, ça permet d'échanger

trois, c'est beaucoup.

Il va nous expliquer les avantages et les inconvénients d'être trois associés.

Enfin, on va parler des valeurs puisqu'il a créé une entreprise avec des valeurs, à trois associés,

les mêmes valeurs, ils les partagent

et il va nous expliquer en quoi c'est important de partager ces valeurs

quand on créé, voilà.

En fin d'émission, on aura la question de l'invité comme toutes les émissions.

C'est parti, on accueille tout de suite Jimmy Devemy.

Salut Jimmy !

Salut Nico !

Ça va bien ?

La forme et toi ?

Ça va nickel.

Merci d'avoir accepté mon invitation.

C'est un plaisir ! C'est un plaisir !

C'est parti pour l'épisode numéro 33 de #SurLaRoute.

Alors Jimmy pour celles et ceux qui ne te connaissent pas

est-ce que tu peux te présenter ?

Donc expliquer : qui tu es et ce que tu fais aujourd'hui ?

Yes !

Alors, Jimmy Devemy.

J'ai 33 ans.

Je suis un des trois co-fondateurs du site lecourtcircuit.fr.

Alors lecourtcircuit.fr, c'est un site qui vous permet de faire toutes vos courses en ligne

des meilleurs produits paysans de la région.

Des produits paysans ?

Tout à fait !

Le principe en fait, il est simple.

Tu vas sur le site, tu choisis un point de retrait

-puisque notre concept c'est d'allier à la fois le drive et le point relais-

une fois que tu as choisi ce point de retrait, tu as accès à l'offre

qui est proposée par le collectif de producteurs et artisans qui livrent ce point de retrait.

D'accord !

L'idée, c'est de couvrir toute l'offre alimentaire

d'avoir des fruits, des légumes, de la viande,

des produits laitiers, épicerie, sucrée, salée

les produits frais aussi

ouais voilà, la totale.

De quoi faire plaisir avec les bons produits de nos producteurs et artisans.

D'accord !

Tu choisis librement tes produits.

Tu composes ta commande.

Il n'y a pas d'abonnement.

S'il y a une semaine où tu ne peux pas commander, tu ne commandes pas.

Il n'y a pas de panier imposé,

tu peux mettre deux produits comme tu veux sans quoi...

Donc là, j'habite dans le vieux-lille, je choisis mon point de retrait.

Dans le vieux-Lille par exemple, tu vas choisir Le Vagabond chez Nicolas Pourcheresse.

Chez Nicolas Pourcheresse.

Chef étoilé qu'on salue, salut Nico !

Encore un Nico.

Qui est aussi notre parrain d'ailleurs.

Parrain du court-circuit l'année dernière tout à fait !

Super !

Et donc voilà, je choisis chez lui, je commande en ligne.

Tu proposes ta commande

Et je vais les chercher chez lui quand c'est prêt.

Exactement !

Puis avec à ce moment-là l'idée de répondre aux deux grandes questions

qu'on se pose normalement en tant que consommateur.

La première : Qui est derrière mon produit ?

Où est-ce que tu achètes ?

Quand tu composes ta commande derrière chaque produit tu connais le producteur,

le lieu de son exploitation et ses méthodes de production.

D'accord !

En gros est-ce qu'il est labellisé bio ?

Est-ce qu'il est engagé dans une autre démarche de qualité.

Ouais et la deuxième question ?

La deuxième question, c'est à la fin quand tu payes qui gagne quoi dans tout ça ?

D'accord !

Où va l'argent ?

Où va l'argent !

Où va l'argent mon Dieu

aux producteurs et artisans.

C'est ça qui est bon.

Donc, c'est ça

c'est un des objectifs de ta start-up

c'est de mieux rétribuer le producteur.

C'est que ce soit…

alors nos deux valeurs un peu clé, c'est une solution juste et transparente.

D'accord !

Juste parce que c'est le producteur qui fixe librement son prix.

D'accord !

Ce qui est une première

Il n'y a pas d'acheteurs.

Pas d'acheteurs.

Non, non. Du tout.

Et transparente, ce sont les choses dont je viens de parler quoi.

Tu sais un peu qui est derrière ton produit.

Qui gagne quoi ?

Donc ça, c'est le Court-Circuit.

c'est lecourtcircuit.fr

C'est ce qui...

Vous avez créé ça il y a combien de temps ?

Alors, la toute première idée c'était en 2012

D'accord !

autour d'un verre

Et la création effective ?

Alors, on est passé par une période d'abord

D'incubation

Ouais plus ou moins dans l'incubation.

On était en Coopérative d'Activité et d'Emploi

qui est une sorte de couveuse, mais avec un statut un peu spécial

Donc Grands Ensemble

Je leur fais coucou aussi Grands Ensemble

OK Grands Ensemble

C'est où ça ?

C'est au 75 Rue Léon Gambetta à Lille dans le bâtiment de la grappe.

Avec pas mal de structures de l'Economie Sociale et Solidaire qui sont regroupées dans ce bâtiment.

D'accord !

Donc, on les a rejoints 2013.

On y est resté jusque mars 2017 ; un bon moment d'incubation.

Et depuis mars 2017, on a notre propre entreprise.

C'est combien de personnes ?

Alors, ce sont les trois co-fondateurs et un associé qui a rejoint l'aventure.

Vous êtes quatre aujourd'hui.

On est quatre maintenant et un stagiaire qui arrive.

Super !

J'espère qu'il regarde aussi Théo.

Ultra efficace pour gérer tout ça.

Yes - Est-ce que vous avez les crocs ? Vous avez de grands concurrents en face.

Ouais, on a de quoi faire quand tu as créé…

Quand tu as voulu créer, tu étais encore salarié

comme beaucoup et c'est un sujet qui revient régulièrement

c'est voilà : je suis dans mon entreprise, je suis salarié, j'ai mon boulot

mais j'ai envie de faire autre chose et il suffit de créer sa boîte

mais c’est pas si simple que ça

Non !

Donc, tu l'as fait, tu as passé le pas.

Pourquoi ?

Alors, il y a une grande raison, c'est que mon métier d'avant…

On va recontextualiser un petit peu

Qu'est-ce que tu faisais ?

J'étais contrôleur de gestion achats à La Redoute.

Tu es mon deuxième invité, je crois, contrôleur de gestion.

Il va falloir que ...

On va faire un club

Club de contrôleur de gestion.

Ça va être sympa.

Ce sera une réunion autour d'un Fichier Excel, c'est pas mal.

Donc déjà pour éclaircir un peu le contrôleur de gestion

Où ça ?

on s'est dit : mais qu'est-ce qu'ils font ?

À La Redoute.

À La Redoute, ouais.

Donc en gros, je faisais des budgets, je gérais des budgets et je présentais des stratégies.

D'accord

C'était passionnant.

Non justement, ce n'était pas si passionnant que ça.

Ouais !

Moi c'est une petite phrase que j'avais dite dès que je suis arrivé à La Redoute

c'était : "bon par contre, je ne ferai pas ma vie ici."

Mon problème c'est que j'ai passé quand même presque 5 ans

5 ans

Problème

J'ai appris pas mal de choses, mais dès le début tu vois

il y avait déjà cette envie de me dire :

bon bah en fait, c’est pas ça quoi.

Tu ne te sentais déjà pas à ta place.

Ouais, je n'étais pas à ma place.

Puis avec une vraie envie, mais ça depuis très longtemps je pense

de m'investir en tant que citoyen

mais pour moi voilà c'était flou quoi.

Je ne peux pas m’investir en tant que citoyen

j'avais envie de participer à faire bouger les choses

II faut payer son loyer.

Il faut manger tous les mois.

Ouais puis tu vois, je me suis fait un peu entraîner par le confort et la facilité

J'ai un stage de fin d'études à La Redoute,

un gros stage qui a duré 9 mois

puis proposition de CDD.

Puis au bout de deux ans de CDD où tu commences à dire :

bon ben là, je vais peut-être enfin m'en aller

On me propose un CDI, une promotion.

Mais ça, c'est le parcours...

Puis tu le laisses emporter quoi.

Le parcours que tu me donnes là, il y en a plein qui aimeraient déjà avoir ça.

Tu as CDD, CDI et c'est déjà une belle proposition, un beau parcours

et ça ne te satisfaisait pas.

Ah non du tout

puis j'avais toujours ce petit, ouais voilà,

ce petit fil de réflexion derrière de me dire :

bon c'est bien beau, tu te laisses porter

mais maintenant il faudrait que tu trouves une cause,

c'était un peu ça.

Alors, comment tu as passé le pas pour faire ça ?

Est-ce qu'un matin, tu t'es levé

tu t'es dit : "allez, c'est fini, on arrête." ?

J'ai vu ma chef : salut, je m'en vais et je ne reviendrai jamais.

Ça ne s'est pas passé comme ça, je suppose.

Un jour, je lui ai dit, mais ça ne s'est pas passé comme ça.

Il y a eu un peu de réflexion.

Non, il y a eu un peu de réflexion et surtout, on en parlera après,

mais il y a un facteur amitié qui est venu jouer dans tout ça

c'est moi je n'étais pas le seul à réfléchir à ça

c'est que j'avais donc Anthony et Maxence, qui sont mes deux camarades de route.

Tes deux associés d’aujourd’hui

Mes deux associés d’aujourd’hui

mais qui sont des amis à la base

Qui sont des amis ouais, on a fait nos études ensemble

enfin bout d'études parce qu'on avait un parcours un peu varié

mais on a fait notre DUT informatique ensemble en 2002.

Donc, tu vois que ça fait plus de quinze ans qu'on se connaît.

Avant de parler de tes associés, réponds à ma question

c'était quoi l'élément déclencheur entre le moment en poste et le moment où tu te dis : je me casse ?

L'élément déclencheur, c'était vraiment ça

c'était que nous à trois, on a commencé par la classique :

tu refais le monde autour du vert,

tu te dis : « ah ça ne va pas fort, il faudrait changer les choses »,

puis ce serait cool qu'on participe à faire changer les choses

Ouais !

Au final, tu rentres chez toi et tu n'as pas trouvé comment tu allais faire

donc tu retournes au boulot.

Puis un jour, c'est Maxence

-c'est pour ça que j'avais commencé à te parler des deux collègues-

C'est que c'est Maxence qui arrivait avec cette idée quoi sur la table.

Quand il est arrivé un jour, on allait boire un verre puis là il dit :

"bon bah les gars, je l'ai peut-être notre idée."

D'accord !

Et c'est ça le facteur déclencheur.

Après du coup moi, ce qui était assez chouette pour moi,

c'est que du coup je ne pouvais plus reculer tu vois.

Je m'étais toujours dit : "Jimmy, le jour où tu as l'idée, maintenant tu te casses."

C'était… voilà !

c'était trouvé l'idée.

Ouais, c'était voilà

moi... je m'étais...

En fait, si tu veux ma grande difficulté c'était de me dire :

"bah ouais tu peux partir, mais qu'est-ce que tu fais ?"

Ouais d'accord pour faire quoi ?

Après, tu te fais entraîner dans le truc et tu bosses

ouais pendant les vacances, je réfléchirai un peu à ce que je pourrais faire.

En fait, ce sont les vacances, on ne réfléchit pas.

Moi, je pense, ce qui m'a un peu sauvé d'un truc ou ce qui a accéléré la chose

je ne sais pas ce que je ferais tu vois

en tout cas ce qui a clairement accéléré la chose, c'est que c'est Maxence qui arrivait avec l'idée.

Là, je me suis dit : « bon voilà c'est tout cuit,

l'idée est là en plus tu as tes deux potes. »

Ils sont tout aussi...

C'est une belle opportunité.

Il y a l'idée, il y a tes potes, on y va.

Du coup, ça a apporté, je pense, aussi un peu de sécurité quoi

en plus de ça, je suis bien tombé

"c'est qu'il y avait un plan de départs volontaires à La Redoute"

D'accord !

Alors à la base, pas spécialement pour les métiers de contrôleurs de gestion.

ouais

Mais par contre, il y avait deux conditions qui étaient parfaites

c'était créer son entreprise

volonté de créer une entreprise et avoir au minimum 3 ans d'ancienneté

ce que j'avais.

ce que tu avais.

Donc, tu as saisi l'opportunité

en fait qui est souvent pour certaines personnes une catastrophe

Bah moi voilà...

là-dessus, je ne peux que les remercier parce qu'on parle de sécurité

c'était ma deuxième sécurité qui n'est pas des moindres

c'était la sécurité financière quoi

D'accord !

Sinon j'aurais été obligé de dire : "moi, je démissionne puis c'est zéro."

Puis là, tu te dis : "bon, on a intérêt à être sacrément efficaces les copains"

parce que moi je n'ai plus d'argent quand même.

Donc les copains, c'est deux amis Maxence et Anthony.

Et donc vous décidez de créer à trois

Ouais !

Alors, je suppose que vous êtes faits peut-être un petit peu accompagnés

par des structures au début ou pas du tout non.

Vite fait.

Ouais !

Et alors tout de suite, vous êtes dit à trois : ça va être génial.

où vous vous êtes dit : à trois c'est compliqué ?

Eh bien non, tu sais, nous,

on s'est plutôt dit : à trois, ça va être génial…

À trois, ça va être génial.

On va être complémentaires.

Enfin tu vois, Anthony il est ingénieur informaticien.

Donc, il a développé tout le site.

Maxence, il faisait avant de l'informatique

mais en plus pas mal en milieu rural.

Donc, il avait déjà aussi cette connexion et cette sensibilité plus que...

moi, le citadin.

Puis voilà avec l'habitude d'aller au contact et tout

donc grande facilité là-dessus.

Bon bah moi mine de rien à La Redoute, j'ai appris plein de trucs

notamment prioriser les tâches, organiser un peu tout

gérer quoi.

Ouais gérer la gestion.

Donc ça marche plutôt bien comme compétence d'ensemble dans un groupe.

Donc non, nous on s'est dit :

bon ça, c'est le facteur sécuritaire aussi quoi tu vois

on se connaît et on se confiance.

Et ce sont des amis.

Ce sont des amis puis ça va rouler.

Sauf que ce qu'on entend toujours c'est surtout, ne t'associe pas avec des amis ou avec la famille

parce qu'au fil du temps c'est plus compliqué.

Est-ce que c'est quelque chose que vous vivez aujourd'hui

ou comment vous gérez ça ?

Ouais bah je pense que c'est en fait inévitable.

Tu vois au fil du temps...

C'est vrai que c'est inévitable.

Bon moi, je dirais...

Alors, je souhaite à tout le monde que ça n'arrive pas

mais je pense que, par ce que tu traverses de fait,

forcément qu'il y a des tensions qui arrivent par moments

qu'il y a, voilà, des désaccords

enfin tous les jours tu dois prendre des décisions

Alors, je pense que ça n'existe pas

que tous les jours tu prennes une décision et trois personnes sont d'accord.

même si ce sont les meilleurs amis du monde ou qu’ils sont en couple.

Tout ce que tu veux ou en famille.

Nous en plus, comme on se l'est joué un peu en mode David contre Goliath à dire :

« On va se lancer puis on ne va pas chercher d'argent. »

On ne va pas aller chercher les banques.

Puis nous-mêmes, on en a pas, mais on ne va pas miauler.

On fait tout, tout seul.

On va faire tout, tout seul, puis on va s'en sortir.

Autant dire que forcément c'est un peu plus long

puis c'est un peu plus compliqué aussi le parcours.

Comment vous les avez gérées, ces tensions ?

Comment vous les gérez aujourd'hui ces tensions ?

Eh ben, on se parle.

Vous jouez aux dés.

C'est ça...

On fait déjà ce qu'on faisait au début

c'est-à-dire qu'on va boire des bières.

Ouais !

Donc, la convivialité.

Ouais puis essayer de parler au maximum tu vois.

Après, il y a...

Moi, je vois c'est aussi des ascenseurs émotionnels.

C'est-à-dire que ouais voilà il va y avoir des petites tensions

puis en fait au final, je ne sais pas c'est comme dans un couple

où tu pourrais te faire la gueule.

Nous en fait tous les jours, de toute façon il faut qu'on se parle

parce que sinon la boîte, elle n'avance pas.

C'est la contrainte, il faut trouver une solution pour avancer de toute façon.

Ouais une contrainte et au final je pense que c'est aussi ce qui fait avancer la chose.

Tu n'as pas le choix.

Il faut que ça avance.

C'est que tu te dis : bon bah attention cette boîte-là, il faut qu'elle continue à avancer.

Donc moi, il faut que...

Il va falloir qu'on se parle.

Donc dans les faits après, ça avance.

Puis il y a aussi des réussites tous les jours qui font que tu dis :

bon tiens quand même...

ouais c'est cool...

c'est l'envoi...

Il y a des moments négatifs qui sont compliqués à vivre

mais les...

Il ne faut pas oublier de valoriser.

Ouais voilà, c’est pas sombrer dans le : « on est pas d'accord »

« ça n'avance pas assez vite »

mais ne pas oublier que tous les jours, tu as des petites réussites

et ne pas oublier que nous, on est parti de rien quoi.

Il n'y avait rien.

Il n'y avait rien et aujourd'hui il y a près de 2000 commandes par mois.

C’est pas rien.

C’est pas rien du tout non.

Ce qui vous lie aussi aujourd'hui j'en parlais en introduction, ce sont vos valeurs

parce qu'effectivement on en parlait, on a envie de changer les choses

de mettre en avant le monde rural

Ce sont des valeurs que vous partagez tous les trois

et c'est peut-être en fait ce qui vous sauve tous les jours aujourd'hui

Ouais clairement

Mais attention, c'est assez marrant

dans des réunions où à chaque fois tu peux faire l'exercice

où on va peut-être avoir des points de dissensions sur

tu vois comment mettre en place les choses

mais par contre dès que tu attaques

et là on a fait au début d'année par exemple des petits chantiers de réflexion

sur la logistique ou sur la communication

en faisant venir des experts pour enrichir un peu le débat.

Et tous à chaque fois, ils sont unanimes

c'est que dès qu'on remonte un cran des valeurs, il y a plus de discussions quoi.

On est d'accord.

C'est juste unanime.

Puis, on a pas besoin de se parler quoi.

L'un pourrait parler à la place de l'autre et enfin ouais...

En fait, c'est une évidence ce truc-là quoi.

Tu penses que c'est important pour créer, pour entreprendre de partager des valeurs ?

Ouais moi, je pense qu'en fait, je le vois

c'est assez essentiel de...

En tout cas quand je croise pas mal d'autres initiatives ou des entrepreneurs

je les entends discuter que je discute avec eux.

Je trouve qu'il y a une grosse différence entre

quand tu as quelqu'un qui parle plutôt avec sa tête

je ne dis pas qu'il ne faut pas l'utiliser

on essaie de l'utiliser aussi quoi

et celui qui parle avec son cœur quoi.

Tu vois moi, je pense que...

Alors j'ai cette sensation que quand on parle de notre truc

on est passionné quoi tu vois.

ça se sent, quand tu l'as introduit au démarrage.

Il y a une énergie, quoi tu vois, et tous les trois c'est la même chose.

Donc ça vient du cœur et du coup tu es vrai

et quand tu parles aux gens et quand tu construis ton truc

ça transparaît quoi, tu ne joues pas, puis du coup c'est là où tu affiches un peu tes valeurs quoi.

C’est pas juste tu dis : j'ai des valeurs pour ça veut tout et rien dire quoi.

Oui parce que ça veut tout et rien dire

parce qu'en plus tes valeurs du début ne sont pas forcément tes valeurs d'aujourd'hui

alors il y a des constantes, il y a des grandes lignes qu'il faut…

mais je suppose qu'il y a des ajustements qui ont dû être faits au fur et à mesure.

On évolue sur pas mal de choses enfin tu vois...

Entre aujourd'hui il y a cinq ans, ou six ans l'idée même

ça a dû pas mal évoluer

Ouais carrément !

Puis je pense que notre force aussi de valeurs un peu communes et tout

c'est de faire tout ça sans prétention et avec un maximum d'humilité

de se dire qu'on peut se tromper, qu'il y a des gens qui ont fait ça avant nous

qu'on a tout intérêt à les écouter

ce qui a marché et ce qui a raté aussi quoi

et de se dire que rien n'est figé.

Alors bon le but, c’est pas pour faire n'importe quoi,

mais voilà c’est pas de rester ancrée sur ta première idée

parce que sinon on se rend compte que

ça ne marche pas

c’est pas si simple que ça quoi.

Puis comme en plus nous notre but, tu vois c'est de convaincre les gens

c'est d'avoir aussi un gros volet de pédagogie

d'expliquer manger local aussi c'est possible

même si ça demande de changer tes habitudes de consommation .

Mais que du coup, on doit convaincre.

Donc pour convaincre, il faut écouter l'autre.

Tu l'écoutes, tu apprends de lui et tu avances toi aussi quoi.

Ça tu le fait vraiment au quotidien.

Vraiment ouais !

Clairement !

Que ce soit avec nos producteurs et nos artisans

ou avec nos consommateurs ou avec d'autres partenaires.

Parce que tu as tout le monde en direct en fait toute la journée.

Bah ouais, c'est ça qui est chouette

qui est fatigant aussi, mais qui est chouette.

C'est fatigant aussi.

Puis qui me change là pour Booking et qui me change de La Redoute

où mes temps d'humain étaient assez réduits quoi.

Tu étais dans ton bureau.

C'est vrai que c'est un point qui change beaucoup

quand tu te lances dans l'aventure entrepreneuriale

c'est que tu passes de ton bureau tout seul

quand tu étais salarié à l'obligation de voir des dizaines, des centaines de personnes.

Mais, je ne peux pas leur parler moi.

Tu ne peux pas, c'est impossible de rester tout seul.

Ouais, c'est clair.

Puis c'est chouette quoi...

C'est ça le fait d'être à trois aussi au début de partage ces valeurs

tu penses que ça vous a aidé à être là aujourd'hui.

Vous auriez explosé avant sinon.

Ouais ouais franchement je pense qu'il y a notamment

ces valeurs- là je pense qu'elles nous ont notamment sauvé plusieurs fois

parce que quand tu te la joues voilà

comme nous à vouloir prouver que c'est possible de tout faire tout seul

que tu n'as pas une réserve ou un puits de pétrole dans ton jardin

forcément tu passes quand même par un cap qui est la précarité financière.

Ah ouais !

Eh ben on dit aussi tu es en disant

on dit de trucs souvent que

bon bah c’est pas une bonne idée de faire ça entre potes.

On me dit souvent aussi que l'argent mine de rien tu peux dire ce que tu veux

mais il y en a besoin pour vivre puis pour faire avancer ta boîte.

Voilà le soutien moral de se dire puis de voir que tes deux autres potes

quand toi tu n'es pas en train de dire :

bon il faudrait peut-être lâché l'affaire quoi.

De voir que tu es deux autres potes, ils sont à fond et tu te dis : bah non.

Tu vois, il y a une sorte peut-être de devoir, je dirais

envers les autres qui fait que tu es toujours en train de relancer la dynamique quoi.

Puis comme la vie de l'entreprise, c’est pas linéaire que quand tu...

C’est pas un long fleuve tranquille

C'est clair !

...que quand tu es en train potentiellement de te dire bon là ça commence à craindre

tu as toujours un truc qui va te remonter.

Ouais !

Voilà c'est un peu

je pense que ce truc-là est vraiment là dessus : l'amitié, les valeurs.

C'est un super combos pour se dire : bon bah c'est difficile, mais déjà je ne suis pas tout seul.

J'ai mes deux potes.

Là moi quand je suis un peu dedans

je vois qu'ils sont à fond, donc je me dois d'être à fond aussi.

Ouais tu dois être comme eux au minimum.

Comme eux, ils sont un peu dedans

moi, je suis à fond

enfin tu vois la plupart du temps, on essaye d'être à fond tout le temps.

C'est encore plus simple.

C'est vraiment le... c'est le ciment quoi.

Ouais, carrément !

C'est le ciment, c'est ce qui vous a permis de tenir.

ouais, ouais !

Puis après, on...

Donc, il y a des phases compliquées, pas simples

mais il y a aussi de très bons côtés à entreprendre entre potes et à partager des valeurs.

Carrément !

Moi, je conseillerais de le faire quand même.

Après voilà, il faut se parler quoi.

Il faut se parler.

Il faut se parler parce que plus tu enterres la chose plus tu enfin...

Plus c'est long et compliqué.

Ouais puis en plus tu vois il y a je dirais qu'il y a un truc qui est super important à faire

où moi peut-être j'ai eu du mal au début

mais maintenant que je me tiens vraiment c'est à séparer l'affect du boulot quoi.

L'amitié du business quoi.

Puis vraiment te dire : bon bah on n'est pas d'accord

donc forcément il y a peut-être des tensions ou la personne en face, il t’énerve

j'en sais rien

sur la façon de travailler

on a de façons de travailler différentes par exemple.

Voilà c'est le mec avec qui je bosse quoi

c’est pas mon pote quoi.

Après quand on va boire des verres ou quand on se voit ailleurs, là c'est mon pote.

Et au final des fois les mêmes choses, les mêmes comportements

qui dans le taf va te rendre fou.

Dans la vie privée, ça va continuer à te faire délirer.

Tu vois ça te faire rire quoi.

Mais il ne faut vraiment pas que ça vienne communiquer quoi.

Si l'affect et la vie privée

C'est ta façon de...

se croiser de trop

après, tu pourrais ne plus avoir envie de te voir j'ai envie de te dire tu vois

mais si tu arrives à vraiment faire ça dans cette séparation dans ta tête

sachant... enfin moi, ça a changé toujours...

Ça a marché pour toi.

En tout cas voilà, c'est le petit conseil perso.

Super !

On arrive à la fin de cette émission

C'était court.

Oui ça passe vite.

C'est clair.

J'espère que ça passe aussi vite pour ceux qui nous écoutent.

À la fin, il y a la question de l'invité et la question de l'invité l'objectif c'est de faire le lien

entre les invités des émissions.

L'invité de mon émission précédente c'était Vinvin.

Ouais !

Vinvin qui t'a posé une question très pertinente

Allez vas y.

et bien sentie

tu l'as vu la semaine dernière son émission.

La question de Vinvin : c'était le Court-Circuit c'est le mon de ta start-up, de ta boîte.

Exactement ouais.

Est-ce que c'est le nom d'un électricien quoi ?

Est-ce que le court-circuit pourquoi ce nom

et est-ce qu'il n'y a pas eu un problème lors du choix de ce nom ?

En gros, il me demandait si mon nom n'est pas tout pourri.

C'est ça.

Salut Vinvin !

Tu peux répondre à Vinvin directement face caméra.

et aussi lui préciser que Jimmy est mon vrai prénom.

Ah oui parce qu'il parlait de Jimmy.

Effectivement, mon deuxième c'est Jason

Et Kevin ?

Kevin en l’occurrence c'est celui de mon cousin.

Tu peux regarder la caméra directement pour répondre.

Alors Vinvin je vais te répondre

ça va être assez court

mais je pense assez efficace c'est que tout simplement je pense que c'est un très bon nom

parce qu'au bout de même pas un an si je me souviens bien

on a un grand groupe qu'on ne citera pas

qui était venu nous voir pour nous racheter le nom

donc a priori ce n'était pas si mal trouvé.

Rien que le nom ?

Ouais !

Bon bah super ! En tout cas voilà...

Puis comme vous le voyez bien, on a dit non puisqu'on l'a encore.

Tu l'as encore.

Tu as résisté.

Voilà, ça fait partie de nos valeurs aussi, je pense, la résistance.

Super !

Voilà Vinvin, tu as la réponse à ta question.

Vivement les prochaines questions de Vinvin

On attend la prochaine.

L'invité de la semaine prochaine, c'est un invité un peu particulier

Claude Thomas.

Claude Thomas qui a une aventure de vie extraordinaire.

Il nous en parlera la semaine prochaine.

Il a surtout créé un cabaret qui s'appelait les Folie's de Paris sur Lille

et il a exporté ça partout dans le monde.

Voilà un parcours vraiment intéressant et il va nous en parler la semaine prochaine.

Est-ce que tu as une question à lui poser ?

Ouais moi, j'avais lu

alors j'espère que mes sources sont bonnes

parce que du coup tu m'en avais parlé et j'ai regardé un petit peu

pour ce sacré parcours puis de poser une question pertinente.

Si mes sources sont bonnes, il y a eu des moments un peu

il y a eu en gros une superbe réussite de tout ça

puis il y a un moment un peu plus difficile et puis là a priori il se relance.

Il se relance effectivement.

Donc ma question et j'espère qu'on ne passera pas par là,

mais à mon avis, on n'est pas mal passé par là en tant qu'entrepreneur

quand d'un coup tout s'écroule, je ne sais pas quel point ça a été compliqué

mais qu'est-ce que tu trouves en toi

comment tu puises dans tes ressources pour te relancer

pour dire : ben non moi j'y retourne.

Puisque c'est l'énergie que j'ai sentie en regardant un petit peu.

J'ai vu une interview là hier du coup quand tu m'en as parlé.

D'accord !

Comment tu te dis : allez moi j'y retourne quoi parce que je me dis moi aujourd'hui

comment je ne laisse pas tomber ?

Si ça devait arriver, si ça devait s'arrêter je pense que moi pendant 5 à 10 ans

je te dirai non non l'entrepreneuriat, on va faire une pause quoi

on va arrêter ces conneries.

Donc voilà comment la résilience

Où tu trouves l'énergie pour te relancer aujourd'hui ?

Tout à fait.

Je regarderai ça la semaine prochaine.

Exactement !

Il te répondra la semaine prochaine dans l'émission #SurLaRoute.

Je vous encourage à regarder.

Jimmy merci beaucoup !

C'était un plaisir !

Très bonne journée à toi.

Je te laisse sortir.

Yes !

Bon courage et bonne réussite.

À tout bientôt !

Salut, bye !

Salut !

Voilà c'était Jimmy Devemy, le court-circuit

donc très bon nom quand même Vinvin, lecourtcircuit.fr

Donc voilà avec Jimmy.

On va parler de choses qui concernent tous ceux qui veulent entreprendre

à un moment ou à un autre

je suis salarié ; je me lance.

Donc voilà quel a été le déclencheur

pour lui c'était ses amis et de trouver la bonne idée.

Il a eu de ses potes l'idée, il s'est dit je n'ai plus d'excuses

puisque des excuses on s'en trouve plein et on y va.

Les amis entreprendre à trois

ça les réussit

mais comme il a expliqué, c’est pas toujours facile

mais ils s'en sortent et il faut trouver des techniques pour que ça marche

parce que c'est le succès du projet qui en dépend.

Et enfin les valeurs

Les valeurs est-ce qu'aujourd'hui en 2018, on peut entreprendre sans valeur ?

C'est une vraie question.

L'entreprise est là pour faire de l'argent

c'est sûr, mais derrière est-ce qu'en plus s'il y a des vraies valeurs de partage et gérer

qui permettent un petit peu de partager sa vision du monde dans son entreprise

c'est peut-être pas plus mal.

Et c'est ce qu'ils ont fait à trois avec le court-circuit.

J'espère que ça vous a intéressé.

Comme je vous le disais dans la question, mon invité de la semaine prochaine

Claude Thomas, un professionnel du monde de la nuit

qui va nous expliquer son parcours de vie extraordinaire à travers le monde

puisqu'on le connaît pour les Lillois avec le cabaret qu'il a pu faire sur Lille

mais il n'a pas fait que ça

bien au contraire et il va nous expliquer tout ça la semaine prochaine.

D'ici là entreprenez, bougez-vous, prenez des risques, n'ayez pas peur

réfléchissez quand même avant de le faire

mais allez-y, allez-y à fond quand vous avez décidé de le faire.

Très bonne journée, très bonne semaine et rendez-vous mardi 9 heures

pour la prochaine émission de #SurLaRoute.

Salut !

Émissions qui peuvent
vous intéresser
(voir tout)