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Sur La Route #38
Mardi 15 Mai 2018

avec Nicolas Quilliet Alessandra Machado

Créatrice de PasserElles

Bonjour tout le monde! On est mardi, il est 9 heures.

On est en direct de ma voiture et en live sur Facebook.

Je m'appelle Nicolas QUILLIET et on tourne l'épisode numéro 38 de sur la route.

Mon invité ce matin, c'est Alessandra Machado.

Alessadra MACHADO est la créatrice de l'association "Passerelle".

Elle va nous en parler forcément durant notre route ensemble,

mais elle va surtout nous expliquer d'où elle vient puisque c'est une Franco-Brésilienne.

Et elle va nous expliquer ce que c'était qu'être une petite fille au Brésil,

dans un village assez pauvre.

Donc, elle va nous raconter un petit peu sa vie, son parcours.

Elle va nous expliquer aussi sa passion pour la France via notamment les arts, les films, le cinéma

les livres.

Et enfin, elle va nous expliquer ce qui l'anime aujourd'hui; son association "Passer'elles"

et l'inclusion par le sport.

Voilà, ce qu'est que l'inclusion par le sport, la non-mixité.

Elle a des termes et des concepts qu'elle va nous expliquer durant cet échange.

Voilà, on accueille tout de suite mon invité Alessandra MACHADO.

Salut Alessandra. - Ça va?

Ça va? La forme?

En paix. - Sportive.

Oui avec ce beau temps merveilleux du Nord.

Ce temps du Nord un peu gris quand même. - Pure merveille.

On va avoir du soleil quand le ciel est bas comme ça.

C'est ta prévision météo du jour. - Ah oui, je le ressens.

Bon, bah super.

Alex, Alessandra, excuse-moi, j'allais dire Alexandra, mais c'est deux S, alors Alessandra.

Est-ce que tu peux te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas?

Alors moi, je m'appelle Alessandra MACHADO.

Je suis aujourd'hui coordinatrice de projet sportif pour "Passer'elles".

C'est une association qui milite sur l'inclusion tout public.

Et je suis aussi agent de développement pour la fédération française des sports et gym volontaire.

Un comité régional de Nord-Pas-de-Calais, mais je suis aussi militante

sur des causes concernant la santé mentale, les réfugiés, les demandeurs d'asile,

D'accord.

les mineurs isolés, les femmes en générale.

Et ceux qui sont un peu en marge dans la logique inclusive avec du sport.

Voilà. - D'accord.

Une inclusion par le sport, effectivement, j'en ai parlé en introduction.

Tu nous expliqueras en détail ce que c'est - Oui.

en troisième partie de l'émission.

Tout à fait.

Avant de parler de ça justement, est-ce que tu acceptes de me parler un petit peu de toi?

Qui tu es? D'où tu viens surtout? C'est à dire tu es Franco-brésilienne aujourd'hui,

tu as la double nationalité.

Ce qui veut dire Franco-brésilienne, c'est que tu es aussi brésilienne en plus d'être française.

Tu es née au Brésil. - Oui.

C'est quoi être une petite fille au Brésil dans un village pauvre

Oui. Enfin, le village n'était pas particulièrement pauvre, mais c'était la dictature militaire,

donc, avec toutes ses limitations.

Et ma mère était pauvre, on a grandi dans le manque de ressource matériel.

D'accord.

Mais ces manques de ressource matériels finalement te mets face à des alternatives pratiques.

Donc, ça finit par de donner des ressources humaine et différente.

Oui. Moi, j'ai grandi dans un collectif de femme, il n'y a avait que des nanas d'ailleurs

parce que les mecs en général, ils déclarent forfait au Brésil.

C'est vrai? - Ils font des gamins puis ils se barrent.

Puis, ils se barrent.

c'était mon cas d'ailleurs, mon père ne m'a pas reconnu. Ma mère était seule avec moi.

- D'accord. - D'ailleurs, elle n'en voulait pas d'enfant.

Elle m'a toujours dit ma maman qu'elle ne voulait pas d'enfant.

C'est vrai, elle te l'a dit?

Au Brésil, on n'a pas beaucoup de pédagogie donc, on est un peu vrai.

Alors sans pédagogie, elle me disait: toi, tu es née vraiment de terrible

parce que tu étais parce que j'ai essayé de t'avorter mille fois.

Non!

Oui, mais ça va. Je ne suis pas absolument traumatisé.

Elle était vraie, c'était une femme juste.

quand elle me disait aussi: toi, tu es brillante, tu vas arriver loin, j'y croyais aussi.

Oui, c'était cohérent. - Donc, c'était cohérent, absolument.

C'était cohérent. - Ah oui, quand même.

Donc, que des femmes autour de toi. - Que des femmes autour de moi,

c'était une culture afro-brésilienne.

Donc, on a une grande influence des religions animistes africaine.

Donc l'Afrique, c'est vraiment très important dans nos références si tu veux,

la musicale, religieuse. - Et pourquoi, mais je n'ai ...

Je ne connais pas grand-chose,

pourquoi l'Afrique? - L'esclavage.

Ah l'esclavage, d'accord. - L'esclavage nous a apportés

avec les terreurs de l'esclavage comme on le sait.

Mais dans les navires négriers, ils ont apporté des gens.

Des gens qui ont apporté leur culture, leur diversité, leur langue, leur culte,

Et c'est ta culture aussi. - leur musique.

Et c'est pertinemment et fondamentalement la culture de chacun

des Brésiliens, peu importe d'où ils viennent - D'accord.

parce que ça fait partie de notre musicalité.

D'accord. - Cette musicalité, elle vient d'Afrique.

Le sens de la religion, de la musique au Brésil

et il s'est transformé avec un saint chrétisme, tu vois un mélange religieux et musical.

Mais il est essentiellement né en Afrique, des Africains.

Avec cette culture, dans un collectif de femme.

Oui c'est ça, en parlant de moi oui,c'est essentiellement ça.

J'ai grandi dans une forme de résistance permanente ou il faut trouver des solutions pour la survie.

Parce que c'est de la survie. - Tu parles de survie.

Non pas de vivre, là c'est survie. - Non non, c'est la survie.

quand tu vis en dictature militaire et que c'est 1000% d'inflation au mois

et que ton salaire ne suffit, qu'il faut payer le loyer,

Un salaire ne sert à rien. - Non, le salaire est dévalorisé tous les mois.

Donc, tu n'arrives pas à payer ton loyer. Enfin ma mère, elle vivait comme ça.

C'est un lobby, le Brésil est un pays de lobbyiste et profond.

D'accord.

L'argent représente vraiment, c'est deux vitesses. Il y a les pauvres et ceux qui en ont.

Ceux qui ont, il y a peu. Ce qui n’en ont pas, il y a beaucoup

Puis, il a une forme de profit permanent des gens.

Enfin, c'est quand même dur, c'est un pays dur.

C'est pour ça que j'ai rêvé de la France.

Et toi, ta mère t'a élevé comme ça, et tu as vécu aussi d'une manière simple

là-bas. - Oui, sans rien.

Sans rien, tu me racontais en préparant l'émission

que tu es même aller vivre isoler dans une forêt ou quelque chose comme ça.

Oui, c'est vrai. À 18 ans, je me suis barrée, j'étais baba cool.

En fait, je voulais ... - Baba cool!

Oui, je vivais au milieu de la forêt où j'ai eu mes enfants.

Ah oui.

Oui, je voulais une autre société, je voulais changer le monde en fait.

D'accord.

Je suis née avec cette volonté - Parce que ça te révoltait ce que tu vivais?

Oui, absolument. À 9 ans, j'avais ma carte de parti communiste au Brésil, oui.

en pleine dictature militaire.

- Oui, j'avais ... - Opposant?

Oui, absolument. - À 9 ans.

Parti communiste en dictature militaire, c'est un peu opposant.

Oui, mais d'accord.

Et à 9 ans donc. - À 9 ans, oui.

C'est vrai que mes engagements étaient très rapides puisque très tôt

puisqu'il fallait défendre.

Tu vois, à 4, 5 ans, j'allais faire du porte-à-porte pour rapporter des clientes à ma mère qui était manucure

parce que la vie était difficile.

9 ans, je vendais des montres en porte à porte aussi. J'ai commencé à bosser très tôt.

Oui, je savais que mon salut était aussi à travers le travail.

Il fallait que je fasse des choses, je ne peux attendre. Je n'ai pas de père ni des ???

Donc, il faillait trouver des solutions et les solutions, elles ne venaient que de moi.

C'était à toi de les trouver.

Il fallait que je trouve des solutions en permanence pour tout.

Pour la survie, pour sortir d'une réalité qui ne m'était pas confortable.

Oui, je pense que mon militantisme vient de là, c'est de la résistance

et de la résilience en soi à la fin, tu vois.

Tu parles aussi boulot, travail. C’est quelque chose qui t'a ....

Oui. - C'est toute ta vie.

Oui j'aime ça. J'aime vraiment beaucoup travailler

J'ai travaillé dans tout, j'étais serveuse,

Tu as fait quoi? - femme de ménage,

j'ai été acheteuse en Inde, en Chine, en Indonésie.

J’ai monté mon SARL quand j'ai démarré mes cours de Zumba.

Là en France?

Oui, j'ai été conjoint collaborateur de mon ex-mari dans l'achat des meubles en Chine.

Enfin, j'ai fait du commerce international, j'ai fait aussi secrétaire,

j'ai fait aussi hôtesse, j'ai fait aussi vendeuse de bière dans un bar à bière à Lens.

Tout ce que j'ai fait en tout cas dans ma vie, pour survivre et pour vivre,

je fais parce que j'aimais faire ce je faisais même quand je nettoyais les chiottes

chez des gens.

Parce que quand je suis arrivé en France, vous imaginez bien

que quand tu arrives dans un pays ou tu ne parles pas la langue

et tu n'as pas de papier, donc il faut que tu te démerdes.

Donc, tu fais un peu de tout. - Oui.

Alors, on me donnait de travail même modèle pour école de peinture à poil.

??? artistique, je l'ai fait.

D'accord.

Donc oui, le travail est une passion.

Ça bugg! - Ça bugg sur l'image.

Oui.

On va regarder quel est le problème, deux secondes.

Hop, non ça ne bugg plus, voilà, c'est parfait.

- Un petit bugg - C'est le réseau, c'est la 4G. Merci Orange

qui nous fournit un réseau de qualité sur Lille. - Bravo.

Donc, tu disais que tu travailles, tu as aimé tout ce que a fait quelque soit le boulot.

Oui, c'est l'enthousiasme de faire des choses - Oui.

de transformer mon environnement, de subvenir à mes besoins, de construire la liberté que j'avais choisi de vivre,

d'être autonome dans mes choix. Oui, j'ai aimé tout ce que je fais et j'aime tout ce que je fais.

Je suis aussi guide cycliste pour le grand huit à Lille.

C'est quoi le guide cycliste? - Je fais visiter la ville en vélo.

Ah d'accord, OK. - À des Belges

parce que je parle 5 langues, on m'appelle souvent pour balader des étrangers qui viennent visiter la ville de Lille.

Et je les fais visiter les faubourgs de la ville auquel je suis assez particulièrement attachée.

dans le quartier sud. - Oui, je les emmène à Oisème, Lille-Sud

au faubourgs de Béthunes, je me balade là où il y a des gens

parce que je trouve que la richesse des endroits c'est essentiellement leur...

Évidemment que l'architecture est importante, mais sans les gens l'architecture ne vaut pas grand-chose.

Oui, tout à fait.

Tu es arrivé en France il y a 25 ans, 20 ans? - Non, 20 ans.

20 ans? - Oui, 20 ans.

C'est moitié-moitié.

Pourquoi la France, pourquoi tu as choisi la France?

Je n'ai pas choisi, mais par contre, je suis passionnée par la France depuis l'âge de 9 ans.

quand j'ai eu une carte postale de la tour Eiffel par des copains de ma mère qui bossaient

Ah oui, et qui t'ont envoyé un truc. - Voilà.

Tu as découvert la France sur une carte postale. - C'est ça.

Je l'ai découvert avec la tour Eiffel.

Je dis à ma mère: j'y vais là-bas, elle me dit: arrête de rêver.

En fait, oui je suis venu ici mais pas parce que

j'ai acheté un bien d'avion pour venir, c'était beaucoup plus compliqué.

Je ne vais pas te raconter tout ça, ça va être long - Puis il faudrait une autre émission.

Absolument. oui, je suis fasciné par la France aussi parce que très tôt, j'ai commencé

Tu as bossé dans un resto français, c'est ça en Brésil.

J'ai bossé comme serveuse, mais j'ai fait un cours d'oenologie également.

D'accord

pour un restaurant qui s'appelait version française à Rio et je vendais des vins.

Et comme je suis une bonne vendeuse, j'adore vendre, je vendais des vins très cher.

Même si je ne le connaissais pas, on m'a payé un cours d'oenologie à l'époque

pour continuer à vendre des vins.

et je pensais que je venais pour ça en France,

finalement, je suis venu pour autre chose. J'ai encore retransformer ma vie mille fois.

Tu pensais venir pour vendre du vin en France. - Oui.

Pour apprendre en tout cas, - Pour apprendre

et travailler dans ce domaine là, dans les vins parce que je suis assez fasciné par les vins.

Enfin, je suis fasciné par la culture française en général

je suis fasciné par "Vive la différence", par Jaurès, par Victor Hugo,

par les droits de l'homme, par liberté, égalité, fraternité.

Je suis fasciné par toutes ces notions - Pourquoi?

du bien vivre ensemble. - Pourquoi ça te fascine comme ça?

Déjà, j'ai dû grandir dans la dictature,

Parce que tu n'as pas vécu ça.

et parce que mon pays, il n'y a pas de....

C'est un pays à deux vitesses, il n'y a pas d'égalité, il n'y a pas de possible,

il n'y a même pas de projection sur une équité sociale.

Oui. - Ça n'existe pas.

D'accord, ce n'est même pas envisageable.

Je crois, c'est certain, ce n'est pas envisageable.

Parce que trop de trucs, parce que la corruption, parce que...

parce qu'il y a un libéralisme effréné, parce que voilà. C'est vendu le Brésil.

Donc, cette société française, elle fait rêver.

Elle fait rêver parce qu'en théorie, elle ne laisse pas en marge les plus fragiles

et qu'il y en a l'éducation et la santé comme de tout. -Oui.

Ça, c’est important aussi que tu en parles parce que c'est vrai qu'en France

même ceux qui veulent bouger baissent un peu les bras en se disant: c'est compliqué, c'est dur.

Le pays n’est pas simple, il faut aussi se rendre compte qu'on chance la chance de vire en France.

Surtout qu'en quelque sorte, tout le monde participe à cet univers socialement équitable

parce que quand vous avez votre fiche de paie, quand vous payer vos charges sociales

vous faites partie de ce collectif - bien sûr

On participe. - On ne pense pas,

le pourcentage qui est pris sur ta fiche de salaire ne se dit pas:

putain, c'est pour payer des impôts qui vont je ne sais où, tu vois.

Mais non, ça fait partie de la paix sociale également.

Du vivons ensemble - Et de la paix sociale,

Et pas que de la charité chrétienne, si tu veux, chez moi, ce bordel et cette guerre civile

qu'on a tous les jours au Brésil, c'est aussi parce qu'il n'y a pas la paix sociale.

Il n'y a pas la paix sociale, tu es dans la merde coco. - Oui.

Ça devient la guerre, tu vois? - La guerre civile.

Voilà, c'est tout. Donc, si on perd nos acquis sociaux, on va droit dans le trou.

C'est ça qui rend équilibrer une société à l'évidence.

Toi, l'équilibre de la société, tu as voulu en prendre ta part aussi.

en créant ton association "Passer'elle".

Oui, c'est ça. En fait, je suis militante de naissance,

- Tu es militante dans l'action en plus. - Oui.

Eh oui, j'ai eu plusieurs tournures dans ma vie

et j'ai eu la chance de rencontrer une fédération sportive - Oui

qui m'a permis de passer mon diplôme d'éducateur sportif à...

J'avais 39 ans, tu vois déjà. - D'accord.

Ensuite, ils m'ont donné un poste dans un comité régional

pour développer des projets.

Je suis écouté, entendu sur mes projets puis en plus on a créé un club avec un collectif de femme.

Et l'idée de ce club est de valoriser la pratique physique

et favoriser la pratique physique à tout public dans une notion inclusive.

Alors, on va y aller doucement dans la définition de tout ça.

Oui, d'accord.

On va parler quoi

C'était un peu sérieux notre discussion juste avant, là, on va une Zumba aussi, c'est ça?

Tu es la pro de la Zumba, c'est ça? - Non non, je ne suis pro de rien du tout.

Mais surtout tu utilises cette danse

J'ai vu que tu as écrit pro, mais en fait, je ne suis pas pro du tout.

- Je ne suis pas pro du tout - Écoute toutes les personnes qui te connaissent.

qui m'ont dit: tu reçois Alessandra, ils m'ont dit: tu verras, c'est une pro de la Zumba.

Non, je ne suis pas pro de la Zumba, c'est tout le contraire.

Je ne suis pro de rien, ce que je transmets avec la manière dans laquelle j'encadre mon activité,

c'est la possibilité que l'autre, il comprenne que lui est pro de son mouvement.

C’est tout à fait autre chose.

La vibration est en toi, ton Kariba, je peux te faire danser.

Parce que je peux te faire comprendre, tu peux danser.

Et c'est la logique de ce que tu appelles pro

Pro, on définit un peu pro comme quelqu'un qui maîtrise un truc.

Mais pas du tout, ce n'est pas la maîtrise justement,

c'est tout le contraire de maîtrise - C'est quoi, la transmission?

C'est la vibration, c'est la transmission,

mais c'est aussi la compréhension que la musique vibre en toi.

Donc, elle te mène dans le mouvement.

Et quand elle te mène dans le mouvement, tu libères quelque chose de naturel.

Puisque tu rentres dans la rythmique à partir du moment que tu acceptes.

Si tu contrôles, tu es carré. - Tu es bloqué.

D'ailleurs tout dans la vie à partir du moment que tu es dans le contrôle de quelque chose,

Tu ne laisses pas la part - Tu limites ton champ d'action.

Tu limites la créativité et tu limites le mouvement.

Et le mouvement, quelque soit le mouvement surtout dans la danse,

il dépend de cette liberté de... tu vois.

Je ressens la musique, évidemment, j'ai grandi dans un univers musical

il y avait la percussion et tout ça. Donc, la musique fait partie un peu de mes veines.

Puisque la vibration, tu nais dedans. Ma mère, elle mettait la radio le matin pour faire le ménage.

Oui - Tu entendais en permanence.

Comme toutes les Latines américaines et comme plein de pop africain également

qui ont grandi avec la vibration musicale.

Ici, on était coupé par le classicisme, enfin c'est une autre histoire.

Mais dans tous les cas, il n'y a pas de notion de performance.

C'est vraiment la - D'accord.

Tu n'es pas experte, mais on a compris ce que tu voulais dire.

C'est ça.

Et cette association "Passer'elle", justement donc le lien avec le sport, la Zumba,

c'est l'inclusion par le sport.

C'est ça.

Est-ce que tu peux expliquer clairement ce que cela veut dire: inclusion par le sport.

Inclure, c'est mettre dedans sans barrière.

Tu vois, inclure n'est pas exclure, mais ce n'est pas intégrer non plus.

Oui.

Quand tu intègres, tu as une boule et à l'intérieur, tu as une boule avec un public spécifique.

Quand tu inclus, cette boule, elle disparaît.

On est un tout peu importe s'il y a un handicap,

peu importe s'il y a une pathologie de santé, religion, couleur, etc.

Par contre, chez les nanas, tu vois pour les femmes ça parait paradoxale,

mais l'inclusion elle passe par la non-mixité.

Elle passe par la non-mixité cette inclusion parce que

Vas-y.

Ce qui veut dire que ton association est réservée aux femmes.

Non, ça ne veut pas dire ça,

pas du tout. - Explique ce que cela veut dire.

Ça ne veut pas dire ça du tout parce que nous, on propose des projets aussi avec

des jeunes à la PJJ. On travail avec le ministère des la justice.

Par exemple, on travaille aussi avec la santé mentale

en non-mixité, on travaille aussi avec les réfugiés, les demandeurs d'asile, les SDF.

Donc, nos projets ne sont pas exclusivement pour les femmes,

mais on plaide pour la non-mixité choisie parce que

la femme aujourd'hui, les femmes dans le monde qu'on vit,

le corps de la femme étant un outil commercial pour vendre du saucisson jusqu'à la voiture.

La valorisation même du corps et l'acceptation du corps vis-à-vis du regard de l'autre

passe par une certaine logique de bienveillance

avant de pouvoir être en mouvement dans le collectif.

C'est un prérequis en fait. - Absolument!

Avant de se dire: tout le monde est égale,

on vit tous ensemble et c'est génial,

toi, ton parti prit, ce que tu t'es dit c'est que avant d'arriver à ça,

il faut déjà que les femmes entre elles soient bienveillantes, s'acceptent

Absolument. - D'accord.

C'est ce que tu appelles: la non-mixité. - Absolument.

Je ne suis pas la seule à défendre cette idée, mais

la non-mixité est aussi conseiller par l'Europe

pour justement inclure un certain nombre de femmes qui sont exclues dans la pratique physique.

Il faut quand même prendre en compte le nombre des quartiers

par exemple des filles qui pratiquent par rapport au nombre des garçons,

c'est une fille pour 7 garçons, tu vois. - Ah oui.

Même là-dessus, il y a une différence énorme.

On ne s'en rend pas compte. - Mais oui, les pourcentages sont incroyables.

Tu as 67% des femmes en France aujourd'hui par le dernier étude de l'AFDJ

qui ont une grande difficulté d'accepter leur corps

alors qu'elle pratique une activité physique.

Entre autres, il y a 92% des émissions sportives qui concernent le sport,

des hommes, la pratique masculine.

82 %, je te donne des chiffres

parce que je sais que les chiffres sont importants. - Tu les connais

Ce n'est pas parce que je les connais, vu que c'est un peu mon sujet.

Bah oui.

82% des dirigeants sont des mecs.

Moi, je bosse dans une fédération que j'admire justement parce que les 93% des femmes

ma fédération, mais c'est une fédération qui prêche le sport santé,

la pratique physique pour tous et surtout une notion non compétitive.

Non, performance. - On n'est pas dans la performance.

Je comprends mieux pourquoi tu as réagi la notion d'experte.

.... - On n'est pas dans la performance,

On est dans, quand on veut démocratiser la pratique physique, on ne peut pas parler de performance.

On doit parler d'accessibilité, on doit parler de tu peux le faire, je peux le faire

il peut le faire, tout le monde peut le faire.

D'ouverture, de bien-être - De mouvement.

La pratique physique, c'est ça: le mouvement. Les gens, ils se mettent dans la tête sport.

Donc, sport ce n'est pas du tout pour moi, je suis plutôt intellectuelle.

Mais le sport,c’est bouger son corps, c'est prendre l'escalier au lieu de l'ascenseur.

C'est marché au lieu de prendre la voiture.

Parce qu'on ne pourrait pas le faire en vélo, je t'avais demandé de le faire en vélo.

Exactement, tu m'avais proposé de faire l'émission en vélo, je t'ai dit que c'est impossible.

Ça paraissait compliqué dans l'organisation. - Oui.

J'ai déjà mis tellement de temps pour réussir à organiser ça,

le faire en vélo. - Une fois, on va le faire en vélo.

Ce serait génial que tu le fasses en vélo.

Un de mes invité précédent qui est très militant dans le développement durable,

et d'écologie, m'avait proposer de faire ça en triporteur.

Ah bah génial! - Tu vois.

C'était Arnaud? - Non, c'était Romain SARELS

Ah oui. - qui prône le zéro déchet.

Ah oui.

Et qui m'avait proposé ça, mais me paraît compliqué, mais on trouvera une solution

pour faire une émission sur la route différente - Oui, en vélo, un de ces quatre.

Exactement.

Donc cette association maintenant tu agis, - "Passer'elles"

"Passer'elles", tu agis sur Lille principalement.

Oui, mon rôle dans le comité régional,

c'est de développer des actions autour des Hauts-de-France parce que c'est la région,

mais "Passer'elles" est un club local à Lille,

essentiellement sur le Croissant-Sud où on travaille.

- Mais on travaille sur Oisème dans le vieux Lille. - Donc, c'est le quartier pour ceux qui ne connaissent pas.

Absolument, mais comme c'est "Passer'elles, l'intention c'est quand même faire du lien entre

entre les différents quartiers et pas que les quartiers prioritaires ou aussi les entreprises.

Parce qu'on est 50% de femme qui viennent d'ailleurs,

et 50% des femmes du quartier, donc, on est kifkif.

D'accord, OK. Le nom de l'association est bien choisi.

Voilà. - Super.

Écoute, merci pour ton histoire et ton parcours

Écoute, c'était un plaisir. - C'était passionnant, très intéressant.

À la fin de l'émission, il y a une rubrique: question de l'invité,

ça permet de faire des liens entre les invités de chaque épisode.

Je te remercie d'ailleurs.

Caroline VALENT, lors de la précédente émission t'a posé une question.

Oui.

C'est de savoir en gros, elle posait une question sur ton alimentation. C'est ça?

Oui, c'est ça.

C'était quoi ces questions Alessandra, tu t'en souviens?

Alors voulait savoir ce que je mangeais pour avoir autant de pêche

parce qu'on lui a dit que j'avais beaucoup de pêche.

Donc tout de suite, je

Vas-y, je te laisse répondre à Caroline face caméra.

Écoute Caroline, tu sais que tout de suite, on s'est mis en lien.

Enfin, Nico nous a mis en lien.

Répond à sa question d'abord.

On a été bouffé ensemble - Une chose à la fois.

donc, elle sait un peu ce que je mange.

Moi, je mange essentiellement des graines et des racines,

mais je ne suis pas non plus une ayatollah du véganisme.

Je trouve que la flexibilité alimentaire est plus importante qu'une identité ou une idée fixe.

Et qu'il faut savoir être assez auto préconnaissante de ce qui est important pour soi pour l'alimentation.

En fait, c'est la flexibilité alimentaire que je prône.

Je ne mange pas de viande par contre.

Savoir choisir, ce qu'on veut mange, c'est ça?

Être, conscient de l'importance des aliments et puis surtout de mangers plutôt des aliments que des produits.

Oui.

On est gavé de produits, et dès qu'il y a deux paquets pour l'emballage, ce n'est déjà pas bon.

Très bonne réponse, et donc tu le disais.

Et donc je le disais voilà.

Les émissions sur la route, on fait une belle rencontre visiblement

vu que tu as rencontré Caroline physiquement il n'y a pas longtemps.

Vous êtes rencontré parce que vous avez peut-être des projets communs

Absolument! - autour de l'alimentation notamment.

Absolument. - Tu peux peut-être en parler deux minutes.

Oui, je peux. Donc, elle était géniale parce qu'elle a répondu à mon invitation.

Puis, on a été mangé ensemble, elle m'a invité à manger ensemble dans un super resto.

Et on a des projets concernant les femmes de quartiers et les chefs d'entreprise

autour de l'alimentation.

Mais enfin ça, c'est un truc qu'on est en train d'organiser, puis je ne vais pas dire tout de suite

parce que c'est suspens. - C'est suspens.

Mais moi, je vous invite tous là qui vient de regarder l'émission

à télécharger "MyFavoreat"

C'est son application. - C'est son application sur une sorte de communauté

autour de l'alimentation et surtout de l'alimentation intelligente, voilà.

Super,écoute, le message est passé.

C'est fait. - OK.

Alessandra, merci beaucoup. - Merci.

Je te laisse sortir. - Allez, à bientôt.

Une très bonne journée à toi, une bonne semaine. - Ciao.

Et à très vite. -À très vite.

Salut.

Voilà, c'est la fin de l'émission, j'espère que le message d'Alessandra vous a touché.

Sa vie, ce qu'elle fait, son enfance au Brésil,

son amour pour la France, elle l'a rappelé.

C'est quand même une étrangère, on en parle beaucoup d'immigration en ce moment.

Bah voilà, elle l'a vécu concrètement elle et voilà ce qu'elle en fait.

Donc, très intéressant.

Ensuite son association "Passer'elles", l'inclusion par le sport sur des populations compliqués

pour les inclure dans la société.

La non-mixité, un concept qu'elle défend, qui peut-être compliquer à comprendre.

Là ou aujourd'hui, on prône l'égalitarisme total,

elle n'est pas seule d'ailleurs, l'Europe aussi le recommande,

conseille déjà de se regrouper pour mieux se comprendre.

C'est ce qu'elle prône dans son association.

Voilà, j'espère que ça vous a intéressé, je n'en doute pas vu cette expérience.

La semaine prochaine, émission spéciale.

Spéciale parce que je serai en direct de Montréal.

Mardi prochain notamment dans le cadre d'une énorme convention,

une énorme conférence qui s'appelle le C2 à Montréal.

C'est une conférence sur l'innovation coorganiser par l'équipe du Cirque du Soleil,

ça dure 3 jours, j'y serai.

Ça va être génial, je vais essayer de vous faire partager ça.

Donc, je vais faire une émission spéciale. Par contre, je n'ai pas encore de validation concrète de mon invité.

Ce sera une surprise donc, la semaine prochaine mon invité en direct de Montréal.

D'ici là, entreprenez, bougez-vous, faites des choses, agissez, prenez des risques.

Et passez une très bonne semaine. Rendez-vous la semaine prochaine à Montréal.

Salut.

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